L’asbl Le Vignoble Thudinien et son Clos des Zouaves fêteront les 25 ans de leur vignoble ce samedi 12 septembre 2026.
Au programme, concert, présence de batteries d’Entre-Sambre-et-Meuse, bar, petite restauration et ce durant les journées du patrimoines où nous participons… Mais aussi la sortie en grande pompe d’une nouveauté œnologique pour fêter nos 25 ans… Surprise ! Venez nombreux !
Tous les renseignements seront sur la page Facebook du vignoble dans quelques semaines.
En Champagne, à Aÿ, la Maison Henri Giraud utilise des fûts avec un fond en grès. Brevetée par le chef de cave Sébastien Le Golvet, cette innovation remplace le bois du fond (25 à 30% de la surface) pour éviter les tanins acerbes du bois non chauffé et préserver une pureté aromatique absolue.
Depuis le millésime 2025, Barwal propose ces barriques spéciales en Belgique. D’après Hugues de Pra, gérant, « cela donne des résultats extraordinaires. Ceux qui ont gouté sont impressionnés. Le grès est ici un élément neutre qui laisse passer l’oxygène comme le fait le chêne. »
Cette conception unique, baptisée innovation HG, est destinée à améliorer le contact du vin avec le bois. Contrairement aux fûts traditionnels, le contact du vin se fait uniquement avec du bois chauffé, minimisant l’exposition aux tanins moins souhaitables et améliorant ainsi la pureté et la précision du vin.
Le samedi 22 août 2026, le Vignoble du Château de Bousval vous invite à vivre une expérience estivale dans une atmosphère élégante et décontractée.
Pour l’occasion, en collaboration avec « Balade en Wallonie », le vignoble propose un barbecue bistronomique mettant à l’honneur des produits locaux soigneusement sélectionnés. Une cuisine généreuse et raffinée qui s’accordera parfaitement avec les vins du domaine.
À votre arrivée, vous serez accueilli(e)s avec un verre de Chardonnay Gouttes d’O. Tout au long de la journée, le bar à vins du vignoble restera accessible pour vous permettre de découvrir les différentes cuvées.
Le repas se clôturera sur une note de fraîcheur avec deux boules de glace artisanale de la Ferme de Bousval, tandis qu’une animation musicale jazz viendra accompagner cette parenthèse estivale.
Informations pratiques
• Samedi 22 août 2026 -De 12h à 16h
• Vignoble du Château de Bousval : 23 rue du Grand Arbre, 1470 Bousval
• Réservé aux plus de 13 ans
• Parking privé gratuit
• 59€ par personne
Le tarif comprend :
• Un verre de chardonnay Gouttes d’O à l’accueil
• Un barbecue bistronomique proposé par Balade en Wallonie
• Deux boules de glace artisanale de la Ferme de Bousval
• Une animation musicale jazz
• Un verre à vin gravé du logo du vignoble, en souvenir de votre visite
Comme chaque année, le vignoble de Villers-la-Vigne vous invite à une soirée avec accueil musical dans les vignes, apéro dans les ruines de l’abbaye et repas 3 services servi dans la salle des banquets du Moulin de l’Abbaye, tout proche.
L’accueil des participants se fait au vignoble même, où vous pourrez en apprendre davantage sur ce vignoble didactique et trentenaire de 20 ares.
Le vin de Villers-la-Vigne n’est pas commercialisé, mais un verre de sa production vous sera offert lors de l’apéritif.
Tant l’apéritif que le repas seront animés par le Latino Jazz Orchestra, dont les rythmes ne laisseront personne indifférent.
Les traditionnelles Portes Ouvertes du Domaine W se dérouleront le dimanche 21 juin de 10h à 18h. L’occasion rêvée de (re)découvrir le domaine et passer un chouette dimanche dans les vignes.
Visite des installations – durée ±45min – Départ toutes les heures – Gratuit
Atelier dégustation: »La Signature du Brut de Brabant » – 30 min – 5€
Tour en calèche: « Au gré des vignes » – Gratuit – Départ toutes les 30′ (sans réservation)
Démonstration : « Le cheval de trait remplace le tracteur » – Gratuit sans réservation
Ballade dans les vignes avec audio-guide: à l’aide d’une carte et d’un audioguide, partez à la recherche des QR codes au cours d’une promenade paisible de 2,5 km dans notre vignoble. Découvrez l’histoire du Domaine, la biodiversité qui l’entoure et bien plus encore ! Gratuit sans réservation
Aire de jeu pour enfants dans la cour W : activités ludiques à gogo : concours de dessin, château gonflable, terrain de pétanque, baby-foot et atelier de grimage, personne ne sera mis de côté 😉 Gratuit sans réservation
Bar et foodtruck sur la terrasse panoramique
Petite restauration est prévue tout le long de la journée
Le millésime 2024 s’annonce complexe pour les vins wallons en raison de conditions climatiques difficiles. Nos vignobles ont été affectés tout au long de l’année par divers épisodes climatiques. Par le gel et la grêle, mais surtout par les pluies intenses de ces dernières semaines et le mildiou qui les accompagne. La situation n’est toutefois pas identique partout…
Au Domaine du Chant d’Eole, Hubert Ewbank accuse le coup et prévoit, un peu comme en 2017 ou 2021 environ un tiers de rendement en moins provoqué par la coulure (la fleur n’a pas été fécondée et ne donne pas de fruit) et au millerandage (la fleur a été fécondée mais le raisin est atrophié).
Le Domaine du Chant d’Eole
« Nous n’avons été que très partiellement touchés par le gel (essentiellement dans les jeunes plantes), car nous avons des tours antigel et des chaudières qui permettent de protéger nos plantations. Et nous avons souvent 1,5 à 2 degrés de différence par rapport à la plupart des vignobles belges. La floraison a été très compliquée, car nous avons eu beaucoup de pluies fin mai et en juin. Cela donne de moins belles grappes que d’habitude, plutôt petites, mais elles devraient donner des jus bien concentrés. Il faudra voir les conditions des dernières semaines.
Laurent Etienne inspecte ses grappes…
Pour nous, c’est embêtant, car la demande de bouteilles est de plus en plus grande. Celles qui seront produites cette année ne sortiront qu’en octobre-novembre 2026, cela va être compliqué encore pendant deux ou trois ans. Nous avons de plus en plus d’événements, près de 150.000 visiteurs par an, le monde de la gastronomie internationale commence à nous contacter régulièrement aussi, alors je comptais sur cette vendange, mais … soyons patients, c’est un projet extraordinaire, on prend ce que la Nature nous donne. »
Le vignoble des Agaises fin août – Vanel
Chez son voisin direct, au Vignoble des Agaises, Arnaud Leroy estime que Ruffus « devrait tourner à 50% en moins qu’une année classique. Le plus gros des dégâts provient de la fameuse gelée printanière où les parcelles non protégées par les tours ont été brûlées. Nous avons également enregistré le plus important phénomène de coulure jamais connu au vignoble en plus de 20 ans. Par contre, le raisin est sain (grâce à nos traitements et au vent) et les vendanges devraient commencer la troisième semaine de septembre. »
A Feluy, au vignoble des Rivages, Thomas Cordier déclare qu’il a eu de gros dégâts de gel au printemps, mais que les bourgeons secondaires étaient fructifères sur ses variétés résistantes. « Le Johanniter est le seul touché par le mildiou (± 10% des grappes), avec un peu de coulure également. Le Cabernet Cortis est magnifique, sans mildiou et avec des grappes énormes. Le Souvignier gris est magnifique aussi mais les grappes peu nombreuses. La plus grosse différence par rapport à une année “normale”, c’est le retard dans la maturité d’au moins trois semaines, voire quatre. Mais en additionnant les problèmes, je m’attends quand même à une vendange réduite de moitié. Croisons les doigts pour que les étourneaux ne viennent pas ruiner ce qui reste, comme en 2021, car je n’imagine pas la récolte avant début octobre. »
Le Domaine Degavre à Ostiches – Vanel
A Ostiches, Adrien Degavre pointe quant à lui « ce fameux orage du 9 juillet qui, en dix minutes, (lui) a fait perdre 30% du rendement de l’année. En dehors de cela, l’année fut généralement très pluvieuse et humide, avec un peu de coulure au mois de juin pendant la floraison – ce qui a amené également beaucoup de millerandage, en plus des dégâts de grêle. Aujourd’hui, le mildiou est certes présent, mais uniquement sur feuilles, pas tellement sur grappes, cela fut maitrisé sans trop de problème. »
Direction BW
Quittons le Hainaut pour remonter dans le Brabant wallon, chez Arnaud Duchene dans le vignoble Coteaux des Avelines. Celui-ci dresse un bilan en demi-teintes. « La belle météo des dernières semaines a un peu accéléré la maturité des raisins qui était très en retard cette année. Ce ne sera d’office pas un millésime quantitatif, car nous avons subi successivement beaucoup de pertes, premièrement via le gel, et ensuite lors de la floraison.
Ambiance estivale sur les Coteaux des Avelines
Mais les raisins rescapés sont beaux et sont prometteurs (25 à 50% d’une année normale, selon les cépages. Selon les maturités finales, nous déciderons de la répartition des vins effervescents et tranquilles. Les vendanges devraient démarrer fin septembre ou début octobre, selon la météo des prochaines semaines. Et quelle que soit la quantité récoltée, les vendanges s’annoncent festives! »
Au Domaine W, le verdict est sévère : la vendange ne représentera que 50% d’une vendange normale et se fera fin septembre.
Dispositif anti-gel au Domaine W – Vanel
Enfin, au vignobleBois des Dames à La Hulpe, nous communique Xavier Ide : « Pour nous, c’est rien de rien, pas un raisin… »
Avis de recrutement : celles et ceux qui souhaiteraient couper quelques grappes peuvent poser leur candidature au Domaine de Glabais à Genappe. « Celles-ci auront probablement lieu durant le mois d’octobre (plutôt les week-ends), déclare Anne Geldhof, selon l’évolution de la maturité des raisins. » Envoyez vos coordonnées via domainedeglabais@gmail.com, Anne et Christian reviendront vers vous.
Christian Balduyck – Vanel
Dans le Namurois
Avant de filer sur la province liégeoise, voici un compte rendu recueilli auprès François Van Pacht, propriétaire de Oze le Vignoble à Floreffe qui préfère voir le côté instructif du millésime.
« Inutile de rappeler à quel point l’année a été compliquée, résume-t-il, elle en est cependant très instructive. Elle est marquée par l’episode de gel des 22 et 23 avril qui a gelé 95% des bourgeons primaires de mon vignoble.
S’ensuivent plusieurs observations :
les cépages rouges et en particulier la Syrah ont offert des bougeons secondaires assez fructifères ;
le pinot noir aussi, mais les grappes y sont plus petites
le chardonnay tire également son épingle du jeu,et enfin,
les 2 autres cépages blancs, sauvignon et riesling, donneront une vendange très faible.
Grappes chez François Van Pacht à Oze-le-Vignoble
Cette année a été marquée par une lutte intense contre la propagation du mildiou, dû aux pluies importantes. De mai à fin août, nous avons reçu 390 mm de pluie (dont 30 mm en 24H le 12 juillet !), ce qui est énorme. Et, pour ne pas gâcher la fête, la période de la floraison à été relativement froide et humide, ce qui a provoqué pas mal de coulure sur certains cépages et donc des perte complémentaires.
Malgré cela, l’état sanitaire du vignoble est correct et nous avons assez peu de mildiou sur grappe. Les vendanges ne démarreront pas avant mi-octobre et devraient peut-être même s’étendre jusqu’à la mi-novembre, mais tout cela va bien entendu dépendre des conditions climatiques des deux prochains mois. Je ne sais pas encore si nous ferons des vins tranquilles ou des bulles… cette année nous réserve encore quelques surprises… »
En Province de Liège
A Huy, dans le vignoble Bois Marie Hautes Vignes, tout comme dans son vignoble personnel à Verlaine, Alain Dirick est formel : « cela n’a jamais été aussi mauvais. La grêle de début avril a été suivie par un épisode féroce de gel le 23 avril et par une floraison dans des conditions très humides, avec donc beaucoup de millerandage. Sans compter que par manque de lumière, la photosynthèse a été mauvaise et que les vignes ont donc eu plus difficile de garder les grains. Conséquence : les grappes sont petites et les raisins vont-ils mûrir ? Si c’est le cas, je n’aurais que maximum 20% par rapport à l’an dernier. »
Le Clos des Prébendiers, un des plus anciens vignobles de Wallonie
Une situation n’est jamais l’autre… Le voisin le plus proche de Bois Marie est Jacques Mouton au Clos des Prébendiers, qui déclare : « Je suis un peu gêné de voir mes vignes dans cet état par rapport à beaucoup d’autres. Environ 85% du vignoble ont été protégés par le gel et les maladies du mildiou et de l’oïdium. Lors des nuits des 19 et 20 avril, j’ai mis en place des feux avec beaucoup de feuillus bien verts pour faire un maximum de fumée. Toutefois, si j’ai vraiment pu échapper aux brûlures du soleil, c’est grâce aux vapeurs de la centrale nucléaire qui, partant du vent du nord, ont poussé ces nuages au-dessus de mon vignoble, et dès lors, le soleil n’est pas passé avant midi.
De plus, comme mon vignoble est encerclé de conifères mesurant plus de 20 mètres de haut, le vent du nord n’est pas passé pour atteindre les vignes. À cela, j’ajouterais que j’ai procédé cette année à des pulvérisations très précoces (début du mois d’avril tant pour le mildiou que pour l’oïdium).
Dès lors, même si j’ai un peu de dégâts dans mes pinots gris, j’aurai une très bonne quantité par rapport à une année moyenne. Les vendanges seraient prévues soit le 14 ou le 21 septembre (en fonction du temps), mais je pencherais plus vers le 21. Et il y a encore quelques places disponibles. »
Grappes de Gamay sur les Terres du Val à Wanze
Au nord de Huy, ce sera la première vendange du domaine des Jolly à Wanze : Terres du Val. « Nous prévoyons de récolter 70hl au total sur ±5,2 hectares déjà en production. Les vendanges devraient avoir lieu début octobre et seront réalisées par les équipes de la ferme et les membres du golf. Pour la vinification, nous serons accueillis au chai du château de Fumal en attendant que le nôtre soit prêt pour les prochaines vendanges. »
Le Domaine XXV en mars 2024 – Vanel
Enfin, à dix ou douze kilomètres de là, à Couthuin, la famille Grégoire fait elle aussi un bilan à la baisse pour le Domaine XXV : « Chez nous,l’année 2024 sera essentiellement marquée par le gel du 23 avril qui a provoqué une perte importante sur les bourgeons floraux et a entrainé un décalage d’un mois du cycle de la vigne. Nous avons par contre pu conserver le vignoble dans un très bon état sanitaire malgré la pluviométrie des mois de juin et juillet. Nous prévoyons à ce stade des vendanges durant la première quinzaine d’octobre avec des volumes nettement en retrait par rapport à 2023 (50 à 60%). »
L’interview aborde différentes périodes de la viticulture belge et, bien sûr, de nombreux domaines viticoles wallons et des personnalités wallonnes du monde du vin sont également évoqués.
Un an après la sortie de sa première version, la seconde édition du Guide des vins belges Gault&Millau a été présentée le mercredi 26 juin à la Maison de la Poste à Bruxelles.
Cette nouvelle édition accueille 25 domaines supplémentaires et 44 nouvelles références, ce qui porte le total de domaines présentés à 107 (dont 28 wallons…) et à 216 vins.
Lors de cette dégustation à l’aveugle par un jury professionnel, 55 vins ont décroché un label « Coup de cœur ». Parmi ceux-ci, 25 vins flamands et 10 wallons ont été gratifiés d’un Belgian Wine Award.
COUPS DE CŒUR ET BELGIAN WINE AWARDS*
COUPS DE COEUR BULLES :
Domaine du Chant d’Eole – Grand Cru 2018*
Vignoble des Agaises – Ruffus Chardonnay Brut 2021*
Vin de Liège – L’insoumise Brut 2022*
Domaine W – Brut de Brabant Réserve, Cuvée Folon 2020*
Château Bon Baron – La Baronne Brut Nature 2021*
Vignoble de Sirault – Fines en Bulles 2022 Domaine du Chant d’Eole – Blanc de Blancs Brut 2018
Vignoble des Agaises – Ruffus Brut rosé
Château de Bioul – Brut de Bioul rosé
Vin du Pays de Herve – Les Carnavaliers Extra Brut 2020
COUPS DE COEUR VINS BLANCS :
Domaine La Falize – Chardonnay 2021*
Domaine du Chenoy – Citadelle 2022
Château de Bousval – Tout cru 2022
Vin de Liège – A Capella 2022
Domaine XXV – Chardonnay 2022
Domaine des Marnières – Chardonnay Grande Marnière 2022
COUPS DE COEUR VINS ROUGES :
Domaine des Marnières – Pinot noir Al Voye 2022
Domaine du Ry d’Argent – La Ronce 2022
Château Bon Baron – Trésor Pinot noir 2017*
Château Bon Baron – Acolon 2019*
Vignoble du Château de Bousval – Ange ou Démon 2022*
COUPS DE COEUR VIN DEMI-DOUX :
Vin de Liège – Notes Blanches 2022*
Le guide peut être acheté sur le webshop de Gault&Millau ou en librairie à partir du 10 juillet.
Fin avril, les viticulteurs wallons ont connu plusieurs nuits très courtes pour tenter de combattre le gel dans leur vignoble, mais le constat est sans appel : plus de deux tiers des vignobles – il est question de minimum 250ha – ont été touchés à des degrés divers par les températures négatives, entraînant chez certains une perte parfois quasi totale.
L’espoir est de voir un second bourgeon qui permettrait de sauver une vendange éventuellement partielle, mais plus tardive, en 2024. Il semblerait que cette possibilité soit plus élevée pour les cépages résistants, mais rien n’est moins sûr. Nombreux sont donc les producteurs qui ont introduit une demande de reconnaissance des pertes en « calamité agricole » afin d’obtenir une indemnisation financière, pour compenser en partie les pertes de production. Une procédure est en cours, avec les autorités communales et régionales.
En attendant les résultats de cette procédure qui prévoit un second constat effectif au cours ou en fin de saison, nous avons interrogé nos membres sur les moyens mis en œuvre durant ces deux fameuses nuits du 22 et 23 avril. Voici une vingtaine de témoignages dont il ressort un constat : les méthodes de l’un ne fonctionnent pas forcément chez l’autre…
Nuit de veille dans le vignoble des Coteaux des Avelines
Brabant wallon
Au Domaine de Glabais, les pertes se concentrent sur le Chardonnay. Le petit vignoble de La Hulpe a quant à lui tout perdu.
Non loin de là, dans le vignoble desCoteaux des Avelines, explique Arnaud Duchêne, «une bonne partie des premiers bourgeons de la récolte 2024 est « partie en gelée ». Heureusement, de nombreux bourgeons ont pu être sauvés grâce à notre formidable équipe de « soldats du feu » qui ont allumé quelques centaines de feux dans les vignes au cours de cette nuit rudement froide mais visuellement belle. Les bourgeons sauvés et les bourgeons secondaires vont quand-même nous assurer une belle récolte. Cela nous donnera malheureusement plus de travail l’an prochain lors du chantier de taille pour le remplacement des cordons endommagés. »
Au Domaine de Mellemont, rapporte Matthieu Dumont, « environ 60% de nos bourgeons ont été touchés par le gel. Nous n’avons entrepris aucune démarche pour lutter contre le gel, faute de moyens. Nous avons bon espoir que les bourgeons secondaires arrivent quand même à maturité. »
Bilan radical pour le petit Domaine du Bois des Dames, « 100% de perte, déplore Xavier Ide. Hiver trop chaud, trop tôt et malgré notre cépage tardif, nous nous sommes fait avoir. Nous allons juste veiller à ce que la vigne se remette au mieux en préparant 2025. »
Province de Hainaut
Au Vignoble des Agaises/Ruffus, Arnaud Leroy déclare que « nos 3 tours ont protégé à 100% une grosse dizaine d’hectares. Sur les 20 autres, une bonne moitié a repris, mais l’autre moitié ne donnera pratiquement rien… On peut donc estimer les pertes entre 20 et 30 %. Nous plantons 4,5 ha dans les prochains jours, nous passerons ainsi la barre des 40 hectares. »
Les voisins du Domaine du Chant d’Eole ont eu plus de chance, car Laurent Etienne affirme n’avoir perdu que moins de 2%…
Plus au sud, au Domaine de Longuesault, constate Lara Safiannikoff, « nous avons eu beaucoup de chance, la région de Tournai a été épargnée, nous n’avons pas été touchés par les gelées (ouf!). »
Au Domaine de la Portelette à Lobbes, Bertrand et Sophie déplorent des dégâts importants sur 2,5ha en production. « Globalement, 80% des bourgeons primaires ont été détruits. Le cépage le plus touché est le Muscaris, plus précoce. Sur le Johanniter, il reste environ deux à trois bourgeons primaires. Sur le Souvignier gris, plus tardif, trois à quatre bourgeons primaires ont résisté. Actuellement, la reprise de la vigne est déjà bien visible, surtout sur le Muscaris, très vigoureux et résilient. Nous espérons que la vigne compensera partiellement la perte engendrée par cet unique coup de froid. Une petite parcelle de 9 lignes (Muscaris planté en 2020) a été épargnée grâce à l’allumage de 150 bougies durant cette fameuse nuit de gel printanier. Nous aurons une meilleure idée début juin. »
Au Vignoble des Rivages à Feluy, la température est descendue à -1.8°C, et 75% des vignes ont gelé. « J’ai sauvé un quart du vignoble en testant l’aspersion, explique Thomas Cordier. J’ai été bluffé par cette méthode, car là où j’ai arrosé, c’est comme s’il n’avait pas gelé. Je suis décidé à installer un système d’aspersion dans tout le vignoble pour l’année prochaine. Je suis en contact avec Netafim qui commercialise un système qui consomme 70% moins d’eau qu’un système traditionnel. »
A Ostiches, Adrien Degavrea mis à l’épreuve 3 techniques antigel : « une tour antigel sur mon Chardonnay planté en 2022, un frostbuster sur ma première parcelle de 2019 et l’aspersion sur 90 pieds devant la ferme. Quelques bourgeons gelés ont été observés sur la parcelle de 2019 mais la vigne a pu compenser depuis lors et les pertes seront vraiment minimes. »
Dans le domaine des Sarments
Province de Liège
Le bilan est lourd chez Vin de Liège qui accuserait près de 70% de bourgeons gelés, les dispositifs anti-gel en place n’ayant pas été à la hauteur cette fois. Mais selon Romain Bevillard, « la reprise ne se présente pas si mal, cela va limiter les dégâts, je pense, à 40%, mais on ne sera fixés que fin juin. »
Au Clos des Prébendiersà Huy, Jacques Mouton se réjouit de n’avoir que peu de dégâts. « J’ai fais des feux continu durant les 2 nuits. De plus mon vignoble est protégé par des grands sapins et le vent du nord est passé au dessus. La centrale nucléaire voisine a amené les nuages et toute la matinée, le vignoble est resté dans la pénombre et le soleil n’a pas pu cuire les feuilles. »
A Couthuin, auDomaine XXV, « comme la plupart de nos collègues, rapportent Jérôme et Renaud Grégoire, nous avons subi 2 nuits de gel à -3° sur une vigne bien développée, ce qui a brûlé 95% de nos bourgeons primaires malgré l’utilisation de nos deux machines Agrofrost. La vigne plantée récemment à proximité du chai a été épargnée sans doute de par la protection du vent du nord. Entre-temps, les bourgeons secondaires non brûlés sont en cours de dévelop- pement. Les semaines à venir seront décisives pour espérer une vendange correcte. »
A Beaufays, au Domaine Bellum Fagetum, 90% des premiers bourgeons ont brûlé. L’espoir repose à présent sur une seconde inflorescence.
Province de Namur
Au Château Bon Baron, les vignes de Jeanette van der Steen ont été sauvées par la proximité de la Meuse qui longe ses parcelles. « Il y a toutefois, concède-t-elle, une petite parcelle en hauteur et hors de l’influence de la Meuse où la vigne a connu quelques difficultés », mais cela reste anecdotique.
A Emines, le Domaine du Chenoy est passé à travers les éléments. « Nous n’avons pas de dégâts, se réjouit Pierre-Marie Despatures, sur les parcelles protégées avec des bougies. Sur nos parcelles historiques, la taille tardive nous sauve avec beaucoup de bourgeons latents. est toutefois difficile d’avoir un retour chiffré pour l’instant. »
Pour le vignoble des Terres de Crompechine, le bilan est sans appel, confirme Frédéric De Baere : « nous avons affronté la nuit aux bougies et avec des feux complémentaires, mais même cela n’a pas sauvé le vignoble du gel. Je n’ai pas fait de recensement détaillé mais tout le vignoble y est passé. Nous restons toutefois confiants et positifs dans la résilience de Dame Nature ! »
A Floreffe, à Oze le vignoble, François Van Pachtenbeke reconnaît que « l’épisode de gel a été particulièrement impactant surtout la deuxième nuit. Tous les facteurs aggravants étaient réunis pour faire un maximum de dégâts : (1) pluie avant la nuit, ce qui a humidifié les bourgeons les rendant plus sensibles au gel + formation de givre, (2) passage sous 0°C en milieu de nuit, induisant une exposition longue, (3) stade végétatif entre pointe verte et 2 feuilles étalées rendant les bourgeons extrêmement sensibles, même à une exposition courte au gel, et (4) un ciel dégagé qui a fait plonger le thermomètre en dessous des prévisions (-3.7° à 6h le second jour). Conclusion : les 2 ventilateurs montés sur des tours n’ont pas été efficaces, j’ai perdu plus de 90% des bourgeons primaires sur les 5 cépages. Il y a quand même deux bonnes nouvelles. J’ai fait des tests de protection avec du voile d’hivernage et les résultats sont très encourageants, et les bourgeons secondaires semblent pour le moment assez fructifères, mais c’est encore tôt pour tirer la moindre conclusion. »
Province de Luxembourg
A Torgny, au Clos de la Fouchère, Daniel Dries donne un bilan très circonstancié : « C’est uniquement la nuit du 21 au 22 qu’il y a eu tous les dégâts de gel, il a fait -2°C, ce qui n’est pas très bas, mais il avait plu une partie de la journée du 21, les vignes étaient dès lors mouillées, ce qui n’arrange pas lors des gelées nocturnes. Il y a une grande différence entre les vignobles du haut du village, ceux du centre du village, et ceux plantés vers le bas du village, le haut ayant été plus épargné par rapport au bas. Les cépages n’ont pas été touchés tous de la même façon, l’Auxerrois a mieux résisté que les autres cépages par exemple. L’âge des vignes joue également un rôle important, car souvent les jeunes vignes d’un ou deux ans, voire trois ans, sortent de manière plus précoce que les vieilles vignes dont certaines ont 40 ans dans le village. Les vignes non liées s’en sortent mieux que celles qui étaient déjà liées, et si en plus elles étaient liées le long du fil de fer, l’impact du froid a été plus marqué. De manière générale, les dégâts sont estimés entre 50 et 66% au village, nous avons une petite parcelle dans le village de Chenois à quelques kilomètres, cette dernière a été gelée à 100%. »
A Rendeux, entre Hotton et La Roche-en-Ardenne, Eric Grevisse déclare pour le Vignoble de Loperlé et celui du Moulin de Hamoul, n’avoir perdu que quelques bourgeons, mais de façon limitée. « Ma taille très personnelle anti-gel n’a pas mal fonctionné. Mes vignes sont reparties et promettent une récolte satisfaisante. »