En 2001, alors que la viticulture wallonne moderne est encore balbutiante, la Distillerie de Biercée plante 1000 pieds sur cinq parcelles des jardins suspendus à Thuin, un nombre qui passera à neuf trois ans plus tard. Les premières vendanges ont lieu en 2003 et donnent alors 700 bouteilles de Regent qui obtiendront rapidement l’IGP Vin du pays des Jardins de Wallonie.
En 2011, l’asbl “Le vignoble thudinien” est créée autour du projet afin de lui assurer le meilleur avenir. Depuis 2012, par manque de volume, le vin est vinifié en vin doux naturel, en bouteilles de 50cl, un choix qui obligea toutefois le vignoble à sortir de l’appellation.
Aujourd’hui, la production oscille entre 700 et 1000 demi-bouteilles en année normale et jusqu’à 2000 lors de millésimes exceptionnels. Deux cents nouveaux pieds ont remplacé ceux qui étaient trop anciens.
Présidé par Véronique Thomas, le Clos des Zouaves s’intègre dans le site patrimonial remarquable de Wallonie des Jardins Suspendus de Thuin, inscrits au patrimoine exceptionnel de Wallonie.
Son nom fait référence à une unité militaire célèbre au XIXe siècle. Datant de l’époque médiévale, ces terrasses donnent une idée de ce qu’a pu être la vigne en ville voici quelques siècles. Si l’on ne peut pénétrer dans le vignoble même, celui-ci est visible depuis le sentier de promenade et vaut largement le détour. Bonne promenade.
En avril 2020, le cardiologue Léopold Loumaye et son père Ernest-Tom ont planté 11.5 hectares de cépages résistants derrière le château d’Annevoie qui leur appartient. La responsabilité du domaine a été confiée à Damien Briard, vigneron-œnologue qui a passé plus de trente ans à Bordeaux et en Champagne.
L’idée était, et est toujours, de diversifier l’activité des Jardins et du château remis en état par les Loumaye qui rencontrent Damien Briard, originaire d’Anhée, via une connaissance commune, Philippe Berger, formateur au CEFOR, qui habite lui aussi la commune.
« C’est surtout la page blanche qui m’a convaincu, expliquait Damien Briard à l’époqie. Puis aussi le fait que je savais que Philippe Grafé était intervenu pour conseiller Léopold sur les relations cépages-terroirs, car c’est lui qui m’a appris à déguster quand j’avais 16 ans, c’est amusant de le retrouver dans la boucle. Tout est à faire: les vins, la cuverie, les étiquettes, le développement… c’est un beau défi ».
Cinq variétés de vignes ont été plantées : 4ha de Johanniter et 4ha de Sauvignac pour des vins mousseux et blancs, 1.5ha de Cabaret noir, 1ha de Solaris et 1ha de Cabernet blanc. Cela permet au domaine de produire deux vins blancs tranquilles et un vin blanc en méthode traditionnelle. L’équipe envisage d’ajouter 1,5 hectare en avril 2026.
« Nous venons de perdre 10% de nos cabernets blancs le 23 mai dernier, et 2024 était un millésime difficile, j’ai vinifié le cabaret noir en macération semi-carbonique une journée, puis comme un blanc après. L’idée est de faire un rouge léger qui “pétouille” mais sur le fruit, la fraîcheur et l’élégance. Nous sortons aussi un crémant rosé 2023, à base de cabernet blanc avec une pointe de cabaret noir, le seul cépage rouge du domaine. »
Infos : Château d’Annevoie – chateaudannevoie.be rue des jardins 41 à 5537 Annevoie
Situé à Meux en province de Namur, le domaine de Mehaignoul est un vignoble planté par Stephan Henry et Guillaume Grosjean et leurs épouses respectives. Il est situé dans une ferme en carré datant du 13e siècle d’une exceptionnelle authenticité. Planté en plusieurs étapes depuis 2020, le vignoble se développe actuellement sur 6,3ha et devrait atteindre à terme 10 hectares.
Le tout d’un seul tenant, juste devant la ferme, sur une terre sablo-limoneuse profonde. Ce qui permet une gestion optimisée des parcelles, notamment lors des épisodes de gel, mais surtout pour l’entretien général et quotidien du vignoble, qui devrait rapidement atteindre dix hectares. Deux variétés uniquement ici, Chardonnay et Pinot noir, avec l’ambition d’élaborer 90% d’effervescents et 10% de vins blancs tranquilles, des vins qui seront tous écoulés dans la région.
Le nouveau chai a accueilli fin 2023 les premières cuves et barriques (pour stocker des vins de réserve). Le vignoble est suivi par le conseiller phytotechnique champenois Franck Mazy (Viti-Concept) et Thomas Heeren, ce dernier étant très impliqué dans d’autres vignobles wallons. La prise de mousse est réalisée psur place par la cheffe de cave Sophie Bierlaire.
Les premiers vins ont été officiellement lancés le 21 novembre 2024 lors d’une soirée dans le restaurant éphémère du domaine, “Cocon” : “Jolies” et “2022”, un chardo tranquille vinifié en fût de chêne.
Outre le logement de Stéphan et Rosalie Henry et de leurs 4 filles , la Ferme de Mehaignoul propose diverses salles de réception et de séminaires récemment rénovées, dont la plus grande peut accueillir jusqu’à 400 personnes à table, et 800 debout. Infos: mehaignoul.com
« Des bulles belges au pied des éoliennes » : orienté plein sud, le coteau possède la particularité de se trouver au milieu d’un parc éolien offrant un avantage indéniable pour l’élaboration de bulles de qualité.
Le vignoble produit uniquement des vins effervescents élaborés selon la méthode traditionnelle. Etape cruciale de l’élaboration, l’assemblage est réalisé par le responsable de production, Laurent Etienne, accompagné d’œnologues de renom.
Chaque année, ils recréent avec minutie des cuvées aux arômes vifs et purs. Des années de vieillissement sont nécessaires pour obtenir un développement optimal des parfums. En cave, toutes les conditions sont réunies pour que les vins atteignent, semaine après semaine, leur maturité. Une deuxième fermentation alcoolique ainsi qu’un vieillissement sur lattes de 18 mois minimum favorisent la production de mousseux aux bulles délicates et élégantes.
Histoire
Le Domaine du Chant d’Éole a vu le jour en 2010 au terme d’une association entre un viticulteurs champenois d’origine belge, Filip Remue, et une grande famille d’exploitants agricoles belges, la famille Ewbank de Wespin (Louis, Hubert et Inès).
« Une élégance qui n’a rien à envier aux meilleurs grands crus » : le Domaine du Chant d’Eole a fait son entrée sur le marché des vins mousseux de qualité en octobre 2015.
Conscients de l’importance de l’origine du raisin pour garantir la qualité de leurs vins, ils décidèrent de constituer au fil des années un des plus beaux vignobles belges.
Avec ses 54 hectares, le Domaine du Chant d’Eole est situé à Quévy au sud de Mons et est aujourd’hui le plus grand vignoble de Belgique composé à 97% de Chardonnay, avec 2% de Pinot noir et 1% de Pinot blanc.
Orientées plein sud et majoritairement calcaires, les terres présentent des qualités de drainage et d’irrigation idéales pour la production de vins effervescents méthode traditionnelle.
Visite et dégustation
Vous êtes un groupe de 10 amis ou collègues minimum : votre visite sera organisée selon le jour et l’heure de votre choix.
La visite guidée survole rapidement l’histoire du vignoble. Elle explique la plantation, le choix des cépages ainsi que les différentes étapes d’entretien de la vigne. Les différentes étapes de vinification sont ensuite abordées durant la visite du chai. La visite guidée se clôture par une dégustation du Brut Blanc de Blancs, du Brut Rosé et de l’Elixir St-Georges, la liqueur apéritive.
Tarif : Pour la visite de 1h30 à 2h : 10€/pers (+18 ans)
Dégustation
Au travers de séances d’animation, développez vos sens et apprenez l’art de la dégustation en partageant des moments de convivialité et d’évasion.
Des ateliers entièrement sur mesure… Choisissez vos thèmes, les vins, les mises en bouche, la durée et le nombre de participants (minimum 15 personnes).
UN TERROIR, SON HISTOIRE ET SES VINS
Découvrez l’Afrique du Sud, la Belgique, le Portugal ou autres.
L’UTILISATION DES SENS
Initiation des sens autour du vin en suivant les étapes de dégustation du vin et en utilisant chaque sens. Comment la suppression de la vue influencera-t-elle votre nez et votre palais? Comment la musique et la décoration impactent-elles votre perception?
L’ACCORD METS & VINS
Testez votre palais. Quelles sont les 5 saveurs qui façonnent le goût, les impressions (amer, acide, sucre, sel, umami) et leurs influences sur l’appréciation d’un vin.
LA VIE DU VIN
Du tonneau au verre de vin, histoire des étapes de production.
Sur place, ouverte du lundi au samedi de 10h à 18h
E-Boutique
L’e-boutique permet d’acheter les produits en toute sécurité. Livraison à domicile dans toute la Belgique ou retrait au domaine.
Le stock étant limité, vous avez la possibilité de réserver vos bouteilles via la page de l’e-boutique en cliquant sur l.a.es cuvée.s qui vous intéresse.nt : www.chantdeole.be/store/ Prochaines disponibilités : avril 2022
Salles
Vous êtes à la recherche d’un lieu unique pour organiser votre mariage ? Vous recherchez une salle moderne et ultra équipée pour l’organisation d’un séminaire, d’une conférence ou d’une journée de Team building, Le Domaine du Chant d’Eole propose un écrin exceptionnel offrant un point de vue tout simplement somptueux et grandiose.
Evénements
Vivez une expérience formidable ! Participez aux événements incontournables du vignoble du Chant d’Eole. Afterworks, Journée Portes ouvertes, Vendanges, Marché gastronomique… Partage, apprentissage et décontraction sont les maîtres-mots du domaine !
« Partage, rencontres et convivialité » sont les trois valeurs au centre du projet de la coopérative Bellum Fagetum lancé en 2021 à Beaufays, par Judith Michel et son compagnon Geoffrey Prinsens.
L’histoire n’était pas écrite, comme on dit dans ces cas-là. Pour éviter que de nouvelles habitations ne soient construites dans leur jardin, le couple acquiert progressivement à partir de fin 2020 cinq hectares de terrains derrière leur maison pour un projet qui n’était alors pas encore défini… mais qui deviendra rapidement un projet de vignoble.
Les premiers pieds ont été plantés en mai 2022 et une coopérative est créée. Au Domaine BF, la coopérative n’est pas juste une forme de société qui permet de collecter de l’argent. Les coopérateurs ont leur mot à dire et la moitié d’entre eux sont actifs dans les divers comités qui se réunissent au moins tous les 2 mois, en soirée.
Ici aussi, le choix des cépages résistants a été fait : johanniter, souvignier gris, solaris et muscaris. Situé sur un plateau à 270 m d’altitude alliant ensoleillement complet et excellente ventilation, le vignoble profite d’un terroir d’exception composé d’argile limoneuse et de schiste. Le tout, avec, depuis peu, les conseils avisés d’Alec Bol.
En 2025, la coopérative va plus loin et finance la plantation de 10.000 pieds (2,5ha) avec un budget de 370.000 euros intégralement apportés par les membres en un mois ! Un exemple unique en Wallonie. Bellum Fagetum passe ainsi 4,5 à 7 hectares et rassemble désormais plus de 1000 coopérateurs.
Et comme le souligne Judith, « Faire partie du projet, c’est disposer du vignoble pour s’y promener, prendre l’apéro, lire un livre, se connecter à la nature mais c’est aussi soutenir une initiative qui a pour but de reconnecter les gens entre eux et avec la nature. »
Infos : Domaine Bellum Fagetum – www.domainebf.be Aux Grands Champs 47 à 4052 Beaufays (Chaudfontaine)
Vignoble des Coteaux de Lincé (Sprimont)
Situé à la confluence de l’Ourthe et de l’Amblève au sud de Liège, le vignoble des Coteaux de Lincé est né de l’amitié entre 3 familles du village passionnées de nature, de vins et de voyages.
Jean-Marc Lewalle, Philippe Leerschool et Pierre Toussaint et leurs compagnes assurent l’ensemble du processus, de la vigne à la bouteille. Le vignoble est divisé actuellement en quatre parcelles situées au cœur du village. Les premières vignes ont été plantées en 2011, puis ont suivi de nouvelles parcelles en 2016, 2019 et 2022 couvrant actuellement une surface totale de 2 ha. Les espaces non plantés sont fauchés tardivement pour favoriser la survie des polinisateurs. Les haies naturelles sont préservées et renforcées par de nouvelles plantations d’espèces indigènes.
Toutes les interventions sont réalisées à la main ou mécaniquement sans aucun produit chimique de synthèse. Seuls le souffre minéral et le cuivre sont admis pour lutter contre les maladies cryptogamiques (mildiou, oidium…) dans le respect des prescriptions de l’agriculture biologique.
Le vignoble est exclusivement planté de cépages résistant aux maladies fongiques classiques de la vigne. Ce qui permet de limiter les traitements, voire de ne pas traiter du tout, et de produire des vins qui respectent le cahier des charges des vins biologiques.
La variété majoritaire est le solaris, complété par du muscaris et du johanniter en blanc et, du rondo, regent et cabernet cortis en rouge. Le groupe produit des vins légers très colorés présentant un bel équilibre entre fruits et tanins, d’une agréable douceur en bouche. Le pressage immédiat après foulage permet de réaliser des vins rosés puissants et fruités qui n’ont rien à envier aux rosés plus méridionaux…
L’équipe participe également avec le laboratoire de climatologie de l’ULiège a l’étude d’un modèle météo prévisionnel permettant d’anticiper les événements météorologiques susceptibles d’impacter la production. Un nouveau chai et un hébergement dominant les vignes sont actuellement en voie de construction.
Infos : Les Coteaux de Lincé – NorDivin srl rue Robespierre 5B à 4140 Sprimont – www.coteauxdelince.be
Le vignoble du Château de Bousval (Genappe)
Lancé en 2012 par Michel Verhaeghe de Naeyer, le projet du domaine viticole du Château de Bousval est né de la volonté de régénérer un sol épuisé par l’agriculture intensive pour en faire un terroir vivant et porteur d’un grand vin.
Après deux années consacrées à la revitalisation des terres, les premières vignes ont été plantées en 2014. Aujourd’hui, le domaine s’étend sur 8,2 hectares et cultive trois cépages nobles : le chardonnay, le pinot noir et le pinot gris.
Sur les conseils du Bourguignon Pascal Marchand (Nuits-St-Georges), le domaine a fait dès le début le choix d’une viticulture respectueuse de l’environnement, certifiée biologique en 2021, puis biodynamique (Biodyvin) en 2024.
Vendanges manuelles, vinification par parcelle, interventions limitées : tout est pensé pour préserver l’expression pure du terroir. Le chai, inauguré en 2019, a été conçu selon les principes de l’éco-construction : toiture végétale, matériaux naturels, et un processus de vinification par gravité, minimisant ainsi l’impact environnemental. Il s’intègre avec merveille dans la nature.
« Le dernier investissement, se réjouit Michel, que nous avons fait pour le vignoble et pour l’environnement, c’est l’installation d’un champ de panneaux photovoltaïques. Ce qui nous permet maintenant d’être complètement autonomes en termes de production et d’utilisation d’énergie. Il est installé entre le chai et la grange, il est invisible, mais il peut produire jusqu’à un mégawatt par jour.
Grâce à un très beau printemps et très peu de pluie, le début de l’année est positif pour Bousval. Les saints de glace ont été relativement gentils avec nous cette année, avec un seul coup de froid le 23 mai. Nous avions aussi investi dans une nouvelle protection contre le gel tardif – le filet Gel Protect, un produit de Alphatex. Mais ce n’est pas pratique du tout et dans d’autres vignobles – nous sommes cinq vignobles à l’avoir essayé – cela n’a rien protégé du tout. »
Pour le reste, conclut l’entrepreneur, « notre politique est vraiment de continuer notre approche de l’international. On est déjà dans quelques pays comme le Luxembourg, la Hollande, l’Angleterre et l’Allemagne. Et donc, on continue à développer. Il est important pour la reconnaissance du vignoble belge d’aller se faire connaître à l’international pour que l’on puisse trouver notre place dans le monde. Ce qui n’est pas facile, car nous sommes un petit Poucet. »
Infos : Vignoble du Château de Bousval – chateaudebousval.be rue du Grand Arbre 23 à 1470 Bousval
Vignoble du Château d’Annevoie (Annevoie)
En avril 2020, le cardiologue Léopold Loumaye et son père Ernest-Tom ont planté 11.5 hectares de cépages résistants derrière le château d’Annevoie qui leur appartient. La responsabilité du domaine a été confiée à Damien Briard, vigneron-œnologue qui a passé plus de trente ans à Bordeaux et en Champagne.
L’idée était, et est toujours, de diversifier l’activité des Jardins et du château remis en état par les Loumaye qui rencontrent Damien Briard, originaire d’Anhée, via une connaissance commune, Philippe Berger, formateur au CEFOR, qui habite lui aussi la commune.
« C’est surtout la page blanche qui m’a convaincu, expliquait Damien Briard à l’époqie. Puis aussi le fait que je savais que Philippe Grafé était intervenu pour conseiller Léopold sur les relations cépages-terroirs, car c’est lui qui m’a appris à déguster quand j’avais 16 ans, c’est amusant de le retrouver dans la boucle. Tout est à faire: les vins, la cuverie, les étiquettes, le développement… c’est un beau défi ».
Cinq variétés de vignes ont été plantées : 4ha de Johanniter et 4ha de Sauvignac pour des vins mousseux et blancs, 1.5ha de Cabaret noir, 1ha de Solaris et 1ha de Cabernet blanc. Cela permet au domaine de produire deux vins blancs tranquilles et un vin blanc en méthode traditionnelle. L’équipe envisage d’ajouter 1,5 hectare en avril 2026.
« Nous venons de perdre 10% de nos cabernets blancs le 23 mai dernier, et 2024 était un millésime difficile, j’ai vinifié le cabaret noir en macération semi-carbonique une journée, puis comme un blanc après. L’idée est de faire un rouge léger qui “pétouille” mais sur le fruit, la fraîcheur et l’élégance. Nous sortons aussi un crémant rosé 2023, à base de cabernet blanc avec une pointe de cabaret noir, le seul cépage rouge du domaine. »
Et quid de BelBul ?
« Je trouve le concept assez bien en tant que groupe. Ça permet d’avoir autre chose que uniquement le crémant, c’est plutôt positif, je pense. Léopold a suivi la préparation du label. Je trouve que les gens ont l’air assez curieux, donc ça peut être pas mal, surtout que tout le monde plante de la vigne en Belgique, le marché va gentiment se tendre dans les années qui viennent. Les consommateurs ne vont pas se multiplier par 100, et donc, avoir des références un peu qualitatives, ou un peu plus intersectionnelles, ça permet de ne pas être noyé dans la masse. On va voir à moyen et long terme, mais je suis assez confiant dans le projet.
Pour l’instant, il y a une forte demande, tout le monde pose des questions, les restaurateurs aussi. C’est bien qu’on ait des gens dynamiques qui lancent des choses pour que la viticulture belge continue à bouger. Il ne faut surtout pas qu’on devienne comme les appellations françaises, à s’endormir sur nos lauriers.»
Infos : Château d’Annevoie – chateaudannevoie.be rue des jardins 41 à 5537 Annevoie
Les vignerons wallons et flamands, dans un bel élan solidaire, viennent de se doter d’un nouveau label de qualité pour les vins effervescents des deux régions : BelBul.
Comme chacun sait, les vins belges, au même titre que tous les autres vins européens, peuvent bénéficier d’appellations d’origines protégées (AOP) ou d’indications géographiques protégées (IGP). A condition bien sûr de respecter un cahier de charges précis.
Au niveau des vins mousseux, trois appellations existent : la Flandre dispose depuis 2005 de la BOB Vlaamse Mousserende Kwaliteitswijn, tandis que, trois ans plus tard, en 2008, la Wallonie adopte l’AOP Vin mousseux de qualité de Wallonie, ainsi que l’AOP Crémant de Wallonie. Cette dernière est plus stricte, principalement au niveau des variétés de raisins autorisées et, surtout, de la récolte qui doit impérativement être manuelle. Comme en Champagne.
En 2008, côté wallon, il y a encore peu de producteurs de vins effervescents (Ruffus a été créé en 2002, le Chenoy en 2003 et Eole n’a pas encore été planté, pour ne citer que ceux-là). Mais les choses évoluent bien sûr. Sur les 15 dernières années, la production a sensiblement augmenté et le succès des bulles belges va croissant.
Tant et si bien que les deux associations professionnelles ont présenté le 12 mai dernier, le label BelBul qui « garantit l’excellence dans la production de vins effervescents belges selon la méthode traditionnelle et renforce la position de la Belgique comme un véritable pays de bulles de qualité. » (…) « À partir d’aujourd’hui, plus besoin de commander du cava, du prosecco ou du champagne… On trinque avec une coupe de BelBul ! »
Les fondateurs de BelBul se réuniront le 03/07 afin de régler les dernières modalités pratiques et répondre aux questions encore en suspens. Nous reviendrons très vite avec une lettre d’infos entièrement dédiée au sujet Belbul afin de faciliter l’adhésion des membres qui le souhaitent et offrir un aperçu des plus complets sur ce qu’est BelBul.
Depuis plusieurs années, le tourisme vitivinicole se développe en Wallonie, et outre les dégustations ponctuelles, certains vignobles s’équipent désormais en structures d’hébergement.
Ce qui permet au visiteur de s’immerger dans les nombreux aspects de l’univers de la vigne et du vin. Comme par exemple :
Visite et exploration du vignoble et de la cave, présentation de la région ;
Dégustation des vins, payante ou non, permettant de s’initier aux différents cépages, parfois en accord avec des produits locaux ;
Organisation de fête (apéro du 1er dimanche, fête des vendanges, jumelage avec d’autres vignobles) ;
Mise en valeur du patrimoine local, historique et culturel des régions viticoles.
Ce type de tourisme attire tant les amateurs de vin que les curieux, et même des touristes de passage en quête de détente dans des cadres insolites et souvent pittoresques. L’œnotourisme est un outil précieux pour promouvoir les territoires viticoles, mais son développement réclame un investissement et des compétences parfois difficiles à réunir pour de petits domaines qui ne disposent à ce jour pas du personnel lui permettant d’assurer une permanence d’accueil.
Pour aider au développement de l’œnotourisme en Wallonie et susciter vos visites, voici quelques actions clés menées ou à mener en Wallonie :
Cartes et guides
Peu d’actions se déroulent véritablement au niveau régional, mais le “Weekend découverte des brasseries, vignobles et distilleries” organisé depuis plusieurs années par l’Agence Wallonne pour la Promotion d’une Agriculture de Qualité est un excellent exemple d’action fédérative. Menée de front avec VisitWallonia, cette action a permis d’éditer une carte touristique avec les différentes adresses disponible sur le site de l’organisme. A noter que seuls les domaines affiliés à l’APAQ-W sont repris.
Cet événement a été précédé il y a quelques années de la sortie d’une carte des vignobles de la Province de Liège, à l’initiative de la Fédération liégeoise du tourisme, carte hélas non renouvelée. Sans oublier bien sûr la carte de l’Association des Vignerons de Wallonie qui reprend tous les membres de l’Association et qui vient d’être renouvelée. L’AVW avait lancé également une app’ qui est momentanément suspendue.
L’idéal serait aujourd’hui de réaliser une signalétique permettant de voyager d’un vignoble à l’autre afin de faire de nouvelles découvertes, mais ne brûlons pas les étapes.
Circuits œnotouristiques
La référence en la matière est sans conteste également l’édition en 2021 du guide BALADES VIN EN WALLONIE par Jean-Marc Quinet et Anne Marmasse (180° éditions). Les deux auteurs présentent une trentaine de vignobles avec interview de leur(s) propriétaire(s) et listent les ressources touristiques autour desdits vignobles. Une espèce de Guide du Routard à la wallonne, toutes proportions gardées.
Au chapitre des actions concrètes et récentes, la mise en place par Marc Tomas et Cœur Vigneron de CIRCUITS CYCLISTES de deux jours dans le vignoble wallon est une idée qui se développe. Lancé l’an dernier sous le nom de VINO TRIP, ce parcours de 71km à vélo permet de découvrir trois vignobles du Brabant wallon : le domaine de Glabais, de Villers-la-Vigne et du Chapitre. Au programme, deux nuitées et deux journées rythmées par des dégustations, des pauses gastronomiques, des découvertes du patrimoine et des animations autour du vin et des vignobles
En 2025, il se répétera entre fin mai et fin août à raison d’un week-end par mois, par groupe de 12 à 20 personnes et sous réservation. Le départ se fait à Villers-la-Vigne. Attention, les organisateurs conseillent ces parcours aux vélos électriques ou aux personnes ayant l’habitude des montées (infos : www.destinationbw.be). Un second parcours autour de Huy sera lancé en 2025 avec Terres du Val, le domaine XXV et le Château de Fumal, de mai à septembre également. Nous y reviendrons en temps utile.
Dégustations et visites guidées
Seuls quelques vignobles proposent des visites fixes tout au long de l’année, d’autres le font occasionnellement.
Le VIGNOBLE DE VILLERS-LA-VIGNE est l’exception qui confirme la règle. La Confrérie du Vignoble de l’abbaye de Villers-en-Brabant propose en effet une visite guidée du vignoble et de son chai, suivie d’une dégustation et ce, pendant toute l’année. Cette visite peut être couplée avec un accès aux ruines de l’Abbaye.
Le vin, c’est aussi la convivialité: soirée jazz à Villers-la-Vigne (MV)
La visite guidée du vignoble survole rapidement l’histoire du vin et de son arrivée dans nos contrées, plus particulièrement avec les cisterciens à l’abbaye de Villers-la-Ville. Elle explique ensuite la plantation, le choix des cépages, la conduite de la vigne dans une optique de respect de l’environnement, la taille et évoque enfin la Confrérie, ses buts, ses membres et ses manifestations. Le vignoble ayant été certifié Access-i, ces visites sont également possibles pour des personnes à besoins spécifiques.
Tarif: Adultes : 18 €, Seniors, étudiants : 16 €, Enfants : 3,50 €. Pas de réservation et pas de nombre minimum. Paiement à la billetterie de l’abbaye le jour-même. Le rendez-vous est à l’accueil de l’Abbaye. Infos : villers-la-vigne.be
Le DOMAINE DU CHENOY propose des visites tous les samedis d’avril à octobre deux fois sur la journée (10h30 et 14h) mais uniquement sur rendez-vous, durée de 1h30 à 2h. La première étape de la visite vous emmène à travers le vignoble, où vous découvrirez l’histoire des vins belges dans son ensemble, avec une attention particulière portée sur le Domaine du Chenoy. “Nous mettons l’accent sur les particularités de notre Domaine, en mettant en évidence les cépages résistants plantés sur nos parcelles. Vous apprendrez les techniques et les soins nécessaires pour obtenir des raisins de qualité exceptionnelle, tout en découvrant les défis uniques auxquels nous sommes confrontés.” La visite se termine par la visite des chais et par la dégustation de trois vins, bien sûr. Infos : domaine-du-chenoy.com
Ambiance estivale sur les Coteaux des Avelines
Dans le Brabant wallon, à Sart-Dames-Avelines, le vignoble des COTEAUX DES AVELINES vous propose une offre étoffée.
Formules visites: Visite guidée du vignoble et dégustation (àpd 4 personnes, 15€/pers.), Parcours oenotouristique dans le vignoble (àpd 4 personnes, 15€/pers.), Afterworks certains vendredis lorsque la météo est estivale
Formules repas (avec visite guidée) : Pique-nique dégustation dans les vignes (àpd 4 personnes, entre 35 et 55€/pers.), Formule repas dégustation (àpd 10 personnes, entre 32 et 50€/pers. selon le nombre et le menu)
Formule de groupe sur mesure : Team building, Location espace cabanon au pied des vignes
Formule hébergement : Camping / « van life » au pied des vignes et NOUVEAUTÉ 2025: « La Villa des Coteaux »: Airbnb cosy, spacieux et luxueux de 5 chambres pour 10 à 12 personnes avec vue panoramique sur les vignes.
Plus vaste vignoble de Wallonie, le DOMAINE DU CHANT D’EOLE à Quévy ne manque pas de propositions. Ce domaine qui ne cesse de monter en qualité et de gagner des médailles peut être visité chaque jour : soit au travers des visites guidées avec dégustation (sur réservation) ou d’une balade libre sur base de plus de 10 panneaux didactiques qui emmène les visiteurs à la découverte des secrets du Domaine.
Le Domaine compte aussi aujourd’hui deux restaurants, pour ravir les palais de tous les visiteurs : la Brasserie d’Eole, brasserie conviviale au cœur des vignes, et l’Impératif d’Eole, restaurant étoilé au sommet du chai. À cela s’ajoute également un pôle événementiel composé d’une programmation d’activités tous publics (concert, spectacle, festival de musique, brunch etc.) et de la mise en location de 7 salles aux configurations multiples pour l’organisation d’évènements privés (mariage etc.) et professionnels (teambuilding, family day, gala d’entreprise etc.). Infos : chantdeole.be
A Yvoir, le CHÂTEAU BON BARON organise un Tour & Tasting dans les chais tous les jours à 10h30 et 15h00, avec ou sans déjeuner wallon – Sélection de 5 à 7 fromages locaux (chèvre, brebis et vache), charcuterie (ficelles, jambon, pâté), gelée de vin du Château Bon Baron, taboulé, légumes, noix, raisins, pain et eau, et dégustation de 6 à 8 des vins du Château. Infos : chateaubonbaron.be
Depuis plusieurs années déjà, Vanessa et Andy Wyckmans-Vaxelaire proposent au CHÂTEAU DE BIOUL diverses activités œnotouristiques qui vont de la simple visite à la dégustation, voire au logement dans l’une des chambres du château. Pendant l’été, le couple propose des paniers piquenique avec des produits locaux à partager en groupe de quatre personnes dans les vignes et dans le parc du Château. Entrée au parcours « Made in Bioul » et piquenique : 35€ par personne à partir de 8 ans et 20€ pour les plus jeunes. Réservation obligatoire via le site. Infos : chateaudebioul.be, place Vaxelaire 1 à Bioul
Chez RUFFUS – VIGNOBLES DES AGAISES, la saison d’hiver est terminée, mais vous pouvez tout au long de l’année découvrir un circuit didactique de deux kilomètres environ à travers les 31 hectares du domaine avec divers panneaux explicatifs. Le circuit est gratuit et accessible du jeudi au dimanche de 11h à 20h. Infos : ruffus.be
A Marche-Les-Dames, le DOMAINE DU DIÈDRE NOIR qui vient de sortir ses cuvées 2022, dispose également d’infrastructures et d’équipements pour accueillir leurs clients et visiteurs. Lors des visites guidées, ceux-ci seront plongés dans l’univers du Dièdre Noir, depuis la vigne jusqu’à la cuverie, avec une dégustation des vins pour conclure la visite dans un cadre chaleureux. Un restaurant, Le Dièdre Noir, propose une cuisine bistronomique de saison, préparée avec des produits locaux de qualité. Parfait pour des repas de groupe, il accueille jusqu’à 50 personnes, avec un service dédié et des options de menus personnalisés pour des événements privés, des repas d’équipe ou des célébrations. Ouvert du mercredi soir au dimanche. Infos : diedrenoir.be
Dormir dans les vignes
L’offre de logements est encore timide, mais plusieurs belles infrastructures existent déjà pour les groupes de toutes tailles, comme :
le gîte « XXV House » du DOMAINE VINS DES CINQ à Héron qui peut accueillir de 4 à 12 personnes pour un week-end, un long séjour ou une semaine de vacances (infos : be),
La maison XXV
quatre gîtes au cœur de Torgny proposés par l’équipe du Clos de la Fouchère (be)
Le sauna de Beekborne
Petit Château Beekborne propose des chambres d’hôtes de luxe avec spa et piscine à Hélécine (infos : be)
Le Clos Bois Marie
A Huy, le vignoble et l’ancienne maison de Charles Legot, fondateur du Clos Bois Marie, ont été repris par Didier Hanin qui a transformé la maison en un gîte proposant un gîte avec 2 cuisines, 3 salles de bain, 5 chambres et une piscine chauffée de mai à septembre pour un séjour accueillir jusqu’à 12 personnes en toute quiétude. Avec vue imprenable sur le vignoble et sur Huy ! A louer à la journée pour des séminaires ou pour plusieurs jours. Infos : leclosboismarie.be.
Les gîtes originaux de Biamont
A Incourt dans le BW, Laurence et Christophe Vanhoutvinck ont planté les premières vignes en 2020 du Domaine de Biamont. Conscient que la rentabilité d’une vigne en Belgique est insuffisante pour vivre, le couple développe un projet œnotouristique original avec quatre logements dans des barriques géantes (26m² avec jacuzzi extérieur) ainsi qu’un chalet de 65m² pour 4 personnes avec deux chambres. A terme, le projet verra 3 cabanes supplémentaires de 2 personnes chacune avec jacuzzi privatif. Infos et réservations : domainedebiamont.be/
A Gochenée, au Domaine de Doriémont, parallèlement à leur vignoble biodynamique, Colienne Demain et Simon-Pierre Sclipteux proposent la Tiny de Doriémont, une roulotte insolite de 21m2, avec lit king size et vue panoramique. Il faut toutefois réserver (en ligne) pour deux nuits minimum (130 à 140€/nuit selon la période). Infos : www.domainededoriemont.be
A Bolland, le Clos Lognay vient d’inaugurer le « Château Lognay » avec un gîte pour 15 personnes à quelques dizaines de mètres du vignoble. Cette vaste demeure familiale permettra également des dégustations de vin et de produits locaux, ou du team building. Infos: page Facebook.
Enfin, dernier-né parmi l’offre de logement, François Van Pacht et sa compagne Marie Winand (Oze le vignoble) finaliseront début 2025 un logement insolite au cœur de leur vignoble, la Tiny-Oze qui a pour vocation d’accueillir confortablement 1 ou 2 personnes. ll dispose d’un salon avec vue sur la forêt et les vignes, d’un coin repas, d’une cuisine et d’une salle de bain. La chambre se trouve en mezzanine. Détails sur https://mariewinand.be/tinyoze/. Le couple organise également à la demande des activités de réunions d’équipes (team building) pour des entreprises, des groupes, des familles, écoles… Infos : ozelevignoble.be
L’œnotourisme en Wallonie démarre donc sur de bonnes bases, il convient aujourd’hui de coordonner une stratégie entre viticulteurs, institutions publiques et acteurs touristiques. En toute évidence, le potentiel est là.
L’un des pionniers de la vigne en Wallonie est sans conteste Benoît Heggen, producteur de pommes et de poires, qui produisait déjà au début des années 1990 des vins de fruits. Lors d’une soirée dans un club d’œnophiles, il décide d’essayer de faire du “vrai” vin et plante ses premiers pieds de vigne en 1995 dans son jardin (alors que sa maison n’est pas encore construite). Rien d’énorme, juste 300 pieds de Sieger, d’Auxerrois, de Pinot gris, de Riesling et de Müller-Thurgau.
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Ne conservant que les variétés qui donnent les meilleurs résultats, Benoît Heggen replante à l’avant de sa propriété et en 2004 rachète les 43 ares de “La Petite Marnière” non loin de là planté de pieds hétéroclites qu’il arrache pour replanter du Pinot gris, du Chardonnay et du Pinot noir. En 2011, un fermier voisin accepte de lui louer une grande parcelle en face du fort d’Aubin-Neufchâteau, il la baptise “La Grande Marnière” et plante à nouveau du Chardonnay, Pinot noir et Pinot gris, qui vont devenir sa signature.
Aujourd’hui, Benoît exploite 5,5 hectares si l’on compte la parcelle de Zweitgelt planté en contrebas du village. Au total, 20.000 pieds, la moitié en blanc et l’autre en rouge.
“En blanc, j’ai 75% de Chardonnay, déclare-t-il, 10% de Pinot gris, mais aussi 15% de Solaris. En rouge, c’est plutôt 75% de Pinot noir, et 25 de Zweitgelt. J’ai aussi planté du Pinot Kors (rouge), parfait pour le rosé et du Pinot Kersus (blanc)à idéal comme base au crémant.”
Comme il a coutume de le dire, Benoît Heggen a pour ambition de proposer un vin pour chaque moment du repas. Un Pinot gris, avec un peu de sucre résiduel pour l’apéritif, un Chardonnay passé en fût de chêne (pour soutenir son caractère fruité) pour les entrées, un Pinot noir (lui aussi passé en fût de chêne neuf) pour les repas et un vin liquoreux pour le dessert (assemblage de Chardonnay, Sieger et Pinot gris, méthode vin de paille).
“J’aimerais faire un vin qui goûte le paysage, confie-t-il. Je travaille en mono-cépage car j’ai envie que les gens puissent se dire que ce cépage-là goûte cela sur ce terroir-là, même si l’on observe des variations d’une année à l’autre.”
Benjamin, fils de la maison, fait des études d’agro à La Reid et vient en appui de son paternel. La relève se prépare…
Le Clos de Temme à Ouffet :
Bertrand Conchin
Vigneron à Huy, vice-président de l’AVW et président de l’Horticole et viticole de Huy, Bertrand Conchin est dans la vie… inspecteur de police. Un agenda bien chargé. Egalement passionné de viticulture, il s’est lancé dans l’aventure en 2018 grâce à la formation qu’il a acquise au vignoble du Clos Bois Marie, fondé, comme on le sait par Charles Legot dans les années soixante et, à son décès, repris par Alain Dirick, Marcel Mestrez et Frédéric Lepage. Ce vignoble occupe une place centrale dans le redémarrage de la viticulture à Huy, mais aussi en Wallonie.
Fort de son expérience, Bertrand Conchin plante en 2019 mille pieds de vignes sur une parcelle familiale et privilégie alors les variétés résistantes qu’il achète en Allemagne : 200 pieds de Satin noir (proche du Cabernet sauvignon), 100 Cabernet cortis, 100 Divona, 100 Bronner, 200 Cabernet blanc et 300 Johanniter. L’an dernier, il a ajouté 100 pieds de Sorelli, c’est, sauf erreur, le premier à le faire en Belgique.
En 2020, la récolte est faible et il assemble tous les raisins afin d’avoir 20 bouteilles d’un premier rosé. L’année suivante, il réussit à produire quelques bouteilles de crémant ainsi qu’un vin rouge et un vin blanc. En 2022, il obtient une plus grande quantité de raisins et décroche l’AOP Côte de Sambre et Meuse.
Aujourd’hui, la gamme est variée : un blanc (Bronner, Cabernet blanc et Divona), un crémant (Johanniter), ainsi qu’un vin rouge (Cabernet Cortis, Satin Noir) classique ainsi que le même vin passé en fût de chêne Barwal pendant 3 mois. Tous les vins sont dotés de l’AOP.
Pour l’heure, le Clos de Temme ne représente que 0,3 hectare, mais Bertand entend le faire passer à un hectare dans les prochaines années.
Durant les trois années de son mandat AVW, Bertrand souhaite défendre les intérêts des “petits vignerons”, c’est grâce à ceux-ci que la viticulture belge est en plein essor aujourd’hui. “Depuis quelques années, des vignobles professionnels ont fait leur arrivée en Belgique et ils sont, je pense, bien représentés au sein des administrateurs de l’AVW. Cependant, l’AVW doit être rassembleur avant tout et penser aux intérêts de tout un chacun.”
Notons que Bertrand est également associé chez Vivardent, professeur à la Reid en option viti-vini, professeur de vinification chez Perspective, consultant pour plusieurs vignobles et grand maître de la Confrérie du Vin du Perron de Huy. Infos:closdetemme.be
Le Domaine de Mehaignoul à Meux: STEPHAN HENRY et GUILLAUME GROSJEAN
Situé à Meux, le domaine de Mehaignoul est un vignoble planté par Stephan Henry et Guillaume Grosjean et leurs épouses respectives. Il est situé dans une ferme en carré datant du 13e siècle d’une exceptionnelle authenticité. Planté en plusieurs étapes depuis 2020, le vignoble se développe actuellement sur 6,3ha et devrait atteindre à terme 10 hectares.
Le tout d’un seul tenant, juste devant la ferme, sur une terre sablo-limoneuse profonde. Ce qui permet une gestion optimisée des parcelles, notamment lors des épisodes de gel, mais surtout pour l’entretien général et quotidien du vignoble, qui devrait rapidement atteindre dix hectares. Deux variétés uniquement ici, Chardonnay et Pinot noir, avec l’ambition d’élaborer 90% d’effervescents et 10% de vins blancs tranquilles, des vins qui seront tous écoulés dans la région.
Le nouveau chai a accueilli fin 2023 les premières cuves et barriques (pour stocker des vins de réserve). Le vignoble est suivi par le conseiller phytotechnique champenois Franck Mazy (Viti-Concept) et Thomas Heeren, ce dernier étant très impliqué dans d’autres vignobles wallons. La prise de mousse est réalisée psur place par la cheffe de cave Sophie Bierlaire.
Les premiers vins ont été officiellement lancés le 21 novembre 2024 lors d’une soirée dans le restaurant éphémère du domaine, “Cocon” : “Jolies” et “2022”, un chardo tranquille vinifié en fût de chêne.
Outre le logement de Stéphan et Rosalie Henry et de leurs 4 filles , la Ferme de Mehaignoul propose diverses salles de réception et de séminaires récemment rénovées, dont la plus grande peut accueillir jusqu’à 400 personnes à table, et 800 debout. Infos: mehaignoul.com
Le Clos des Zouaves à Thuin:
des dizaines de bénévoles
En 2001, alors que la viticulture wallonne moderne est encore balbutiante, la Distillerie de Biercée plante 1000 pieds sur cinq parcelles des jardins suspendus à Thuin, un nombre qui passera à neuf trois ans plus tard. Les premières vendanges ont lieu en 2003 et donnent alors 700 bouteilles de Regent qui obtiendront rapidement l’IGP Vin du pays des Jardins de Wallonie.
En 2011, l’asbl “Le vignoble thudinien” est créée autour du projet afin de lui assurer le meilleur avenir. Depuis 2012, par manque de volume, le vin est vinifié en vin doux naturel, en bouteilles de 50cl, un choix qui obligea toutefois le vignoble à sortir de l’appellation.
Aujourd’hui, la production oscille entre 700 et 1000 demi-bouteilles en année normale et jusqu’à 2000 lors de millésimes exceptionnels. Deux cents nouveaux pieds viennent d’être plantés pour remplacer ceux qui étaient trop anciens.
Présidé par Véronique Thomas, le Clos des Zouaves s’intègre dans le site patrimonial remarquable de Wallonie des Jardins Suspendus de Thuin, inscrits au patrimoine exceptionnel de Wallonie.
Son nom fait référence à une unité militaire célèbre au XIXe siècle. Datant de l’époque médiévale, ces terrasses donnent une idée de ce qu’a pu être la vigne en ville voici quelques siècles. Si l’on ne peut pénétrer dans le vignoble même, celui-ci est visible depuis le sentier de promenade et vaut largement le détour. Bonne promenade.
Le millésime 2024 s’annonce complexe pour les vins wallons en raison de conditions climatiques difficiles. Nos vignobles ont été affectés tout au long de l’année par divers épisodes climatiques. Par le gel et la grêle, mais surtout par les pluies intenses de ces dernières semaines et le mildiou qui les accompagne. La situation n’est toutefois pas identique partout…
Au Domaine du Chant d’Eole, Hubert Ewbank accuse le coup et prévoit, un peu comme en 2017 ou 2021 environ un tiers de rendement en moins provoqué par la coulure (la fleur n’a pas été fécondée et ne donne pas de fruit) et au millerandage (la fleur a été fécondée mais le raisin est atrophié).
Le Domaine du Chant d’Eole
« Nous n’avons été que très partiellement touchés par le gel (essentiellement dans les jeunes plantes), car nous avons des tours antigel et des chaudières qui permettent de protéger nos plantations. Et nous avons souvent 1,5 à 2 degrés de différence par rapport à la plupart des vignobles belges. La floraison a été très compliquée, car nous avons eu beaucoup de pluies fin mai et en juin. Cela donne de moins belles grappes que d’habitude, plutôt petites, mais elles devraient donner des jus bien concentrés. Il faudra voir les conditions des dernières semaines.
Laurent Etienne inspecte ses grappes…
Pour nous, c’est embêtant, car la demande de bouteilles est de plus en plus grande. Celles qui seront produites cette année ne sortiront qu’en octobre-novembre 2026, cela va être compliqué encore pendant deux ou trois ans. Nous avons de plus en plus d’événements, près de 150.000 visiteurs par an, le monde de la gastronomie internationale commence à nous contacter régulièrement aussi, alors je comptais sur cette vendange, mais … soyons patients, c’est un projet extraordinaire, on prend ce que la Nature nous donne. »
Le vignoble des Agaises fin août – Vanel
Chez son voisin direct, au Vignoble des Agaises, Arnaud Leroy estime que Ruffus « devrait tourner à 50% en moins qu’une année classique. Le plus gros des dégâts provient de la fameuse gelée printanière où les parcelles non protégées par les tours ont été brûlées. Nous avons également enregistré le plus important phénomène de coulure jamais connu au vignoble en plus de 20 ans. Par contre, le raisin est sain (grâce à nos traitements et au vent) et les vendanges devraient commencer la troisième semaine de septembre. »
A Feluy, au vignoble des Rivages, Thomas Cordier déclare qu’il a eu de gros dégâts de gel au printemps, mais que les bourgeons secondaires étaient fructifères sur ses variétés résistantes. « Le Johanniter est le seul touché par le mildiou (± 10% des grappes), avec un peu de coulure également. Le Cabernet Cortis est magnifique, sans mildiou et avec des grappes énormes. Le Souvignier gris est magnifique aussi mais les grappes peu nombreuses. La plus grosse différence par rapport à une année “normale”, c’est le retard dans la maturité d’au moins trois semaines, voire quatre. Mais en additionnant les problèmes, je m’attends quand même à une vendange réduite de moitié. Croisons les doigts pour que les étourneaux ne viennent pas ruiner ce qui reste, comme en 2021, car je n’imagine pas la récolte avant début octobre. »
Le Domaine Degavre à Ostiches – Vanel
A Ostiches, Adrien Degavre pointe quant à lui « ce fameux orage du 9 juillet qui, en dix minutes, (lui) a fait perdre 30% du rendement de l’année. En dehors de cela, l’année fut généralement très pluvieuse et humide, avec un peu de coulure au mois de juin pendant la floraison – ce qui a amené également beaucoup de millerandage, en plus des dégâts de grêle. Aujourd’hui, le mildiou est certes présent, mais uniquement sur feuilles, pas tellement sur grappes, cela fut maitrisé sans trop de problème. »
Direction BW
Quittons le Hainaut pour remonter dans le Brabant wallon, chez Arnaud Duchene dans le vignoble Coteaux des Avelines. Celui-ci dresse un bilan en demi-teintes. « La belle météo des dernières semaines a un peu accéléré la maturité des raisins qui était très en retard cette année. Ce ne sera d’office pas un millésime quantitatif, car nous avons subi successivement beaucoup de pertes, premièrement via le gel, et ensuite lors de la floraison.
Ambiance estivale sur les Coteaux des Avelines
Mais les raisins rescapés sont beaux et sont prometteurs (25 à 50% d’une année normale, selon les cépages. Selon les maturités finales, nous déciderons de la répartition des vins effervescents et tranquilles. Les vendanges devraient démarrer fin septembre ou début octobre, selon la météo des prochaines semaines. Et quelle que soit la quantité récoltée, les vendanges s’annoncent festives! »
Au Domaine W, le verdict est sévère : la vendange ne représentera que 50% d’une vendange normale et se fera fin septembre.
Dispositif anti-gel au Domaine W – Vanel
Enfin, au vignobleBois des Dames à La Hulpe, nous communique Xavier Ide : « Pour nous, c’est rien de rien, pas un raisin… »
Avis de recrutement : celles et ceux qui souhaiteraient couper quelques grappes peuvent poser leur candidature au Domaine de Glabais à Genappe. « Celles-ci auront probablement lieu durant le mois d’octobre (plutôt les week-ends), déclare Anne Geldhof, selon l’évolution de la maturité des raisins. » Envoyez vos coordonnées via domainedeglabais@gmail.com, Anne et Christian reviendront vers vous.
Christian Balduyck – Vanel
Dans le Namurois
Avant de filer sur la province liégeoise, voici un compte rendu recueilli auprès François Van Pacht, propriétaire de Oze le Vignoble à Floreffe qui préfère voir le côté instructif du millésime.
« Inutile de rappeler à quel point l’année a été compliquée, résume-t-il, elle en est cependant très instructive. Elle est marquée par l’episode de gel des 22 et 23 avril qui a gelé 95% des bourgeons primaires de mon vignoble.
S’ensuivent plusieurs observations :
les cépages rouges et en particulier la Syrah ont offert des bougeons secondaires assez fructifères ;
le pinot noir aussi, mais les grappes y sont plus petites
le chardonnay tire également son épingle du jeu,et enfin,
les 2 autres cépages blancs, sauvignon et riesling, donneront une vendange très faible.
Grappes chez François Van Pacht à Oze-le-Vignoble
Cette année a été marquée par une lutte intense contre la propagation du mildiou, dû aux pluies importantes. De mai à fin août, nous avons reçu 390 mm de pluie (dont 30 mm en 24H le 12 juillet !), ce qui est énorme. Et, pour ne pas gâcher la fête, la période de la floraison à été relativement froide et humide, ce qui a provoqué pas mal de coulure sur certains cépages et donc des perte complémentaires.
Malgré cela, l’état sanitaire du vignoble est correct et nous avons assez peu de mildiou sur grappe. Les vendanges ne démarreront pas avant mi-octobre et devraient peut-être même s’étendre jusqu’à la mi-novembre, mais tout cela va bien entendu dépendre des conditions climatiques des deux prochains mois. Je ne sais pas encore si nous ferons des vins tranquilles ou des bulles… cette année nous réserve encore quelques surprises… »
En Province de Liège
A Huy, dans le vignoble Bois Marie Hautes Vignes, tout comme dans son vignoble personnel à Verlaine, Alain Dirick est formel : « cela n’a jamais été aussi mauvais. La grêle de début avril a été suivie par un épisode féroce de gel le 23 avril et par une floraison dans des conditions très humides, avec donc beaucoup de millerandage. Sans compter que par manque de lumière, la photosynthèse a été mauvaise et que les vignes ont donc eu plus difficile de garder les grains. Conséquence : les grappes sont petites et les raisins vont-ils mûrir ? Si c’est le cas, je n’aurais que maximum 20% par rapport à l’an dernier. »
Le Clos des Prébendiers, un des plus anciens vignobles de Wallonie
Une situation n’est jamais l’autre… Le voisin le plus proche de Bois Marie est Jacques Mouton au Clos des Prébendiers, qui déclare : « Je suis un peu gêné de voir mes vignes dans cet état par rapport à beaucoup d’autres. Environ 85% du vignoble ont été protégés par le gel et les maladies du mildiou et de l’oïdium. Lors des nuits des 19 et 20 avril, j’ai mis en place des feux avec beaucoup de feuillus bien verts pour faire un maximum de fumée. Toutefois, si j’ai vraiment pu échapper aux brûlures du soleil, c’est grâce aux vapeurs de la centrale nucléaire qui, partant du vent du nord, ont poussé ces nuages au-dessus de mon vignoble, et dès lors, le soleil n’est pas passé avant midi.
De plus, comme mon vignoble est encerclé de conifères mesurant plus de 20 mètres de haut, le vent du nord n’est pas passé pour atteindre les vignes. À cela, j’ajouterais que j’ai procédé cette année à des pulvérisations très précoces (début du mois d’avril tant pour le mildiou que pour l’oïdium).
Dès lors, même si j’ai un peu de dégâts dans mes pinots gris, j’aurai une très bonne quantité par rapport à une année moyenne. Les vendanges seraient prévues soit le 14 ou le 21 septembre (en fonction du temps), mais je pencherais plus vers le 21. Et il y a encore quelques places disponibles. »
Grappes de Gamay sur les Terres du Val à Wanze
Au nord de Huy, ce sera la première vendange du domaine des Jolly à Wanze : Terres du Val. « Nous prévoyons de récolter 70hl au total sur ±5,2 hectares déjà en production. Les vendanges devraient avoir lieu début octobre et seront réalisées par les équipes de la ferme et les membres du golf. Pour la vinification, nous serons accueillis au chai du château de Fumal en attendant que le nôtre soit prêt pour les prochaines vendanges. »
Le Domaine XXV en mars 2024 – Vanel
Enfin, à dix ou douze kilomètres de là, à Couthuin, la famille Grégoire fait elle aussi un bilan à la baisse pour le Domaine XXV : « Chez nous,l’année 2024 sera essentiellement marquée par le gel du 23 avril qui a provoqué une perte importante sur les bourgeons floraux et a entrainé un décalage d’un mois du cycle de la vigne. Nous avons par contre pu conserver le vignoble dans un très bon état sanitaire malgré la pluviométrie des mois de juin et juillet. Nous prévoyons à ce stade des vendanges durant la première quinzaine d’octobre avec des volumes nettement en retrait par rapport à 2023 (50 à 60%). »
Avec la rentrée reviennent également les portraits de quatre de nos membres, qu’ils soient débutants ou non. A partager sans modération.
Le vignoble du Garde Loup :
dans la Botte du Hainaut
Située à Sivry-Rance, la Ferme du Gard date de 1616 et a toujours été directement ou indirectement gérée par la famille Lobet. Depuis de longues annéees, Camille Lobet et son épouse Marie ont maintenu une double activité au lieu : l’élevage de blancs bleus belges et le développement d’activités pédagogiques de sensibilisation des enfants et des adolescents à l’agriculture et à l’alimentation en lien avec le terroir.
Membre de Confrérie de la Jurade princière de Chimay, le couple rencontre la Confrérie des Bienheureux de Dambacq-la-Ville en Alsace, et s’enthousiasme pour la viticulture. Tant et si bien qu’en 2019 ils décident de planter 4000 pieds de vignes de cépages alsaciens sur un terrain attenant à la ferme : pinot blanc, pinot noir, auxerrois et chardonnay. En 2023, ils ont ajouté du pinot kors.
En 2022, ils plantent 500 pieds de plus et encore 250 l’année suivante, pour arriver à 1,5ha environ. Intéressé par la reprise future de l’exploitation agricole, leur petit-fils Cyril vient entretemps épauler son grand-père dans les vignes et décide de se former à la HECH Isia de Huy (graduat en agronomie et gestion) – des études qui lui ont permis notamment d’effectuer un stage au Vignoble du Château de Bousval.
Les deux hommes plongent donc de concert dans la viticulture et apprennent en marchant. Les trois premières cuvées de 2022 (3×100 bouteilles) sont sorties à la mi-2023 et ont été baptisées “Regard de Loup”, “Louvard” et “K 1000” et ont surpris tous les amateurs par leur équilibre et leur finesse.
En 2023, avec la maigre récolte, le domaine du Garde Loup a décidé de ne produire qu’un rosé sorti en janvier dernier, « Le chevrosé », une allusion au nom wallon (chèvrotin) des habitants de Sivry-Rance. En vente au chai, 21 rue du Gard, à 6470 Sivry.
Le Domaine Degavre : cultures, blondes d’Aquitaine et vignes
Rattaché à la commune de Ath, Ostiches est aussi le berceau de la famille Degavre, installé dans un magnifique corps de ferme depuis 1772 ! Souhaitant amorcer sa retraite, Marc Degavre revend en 2018 à son fils Adrien la moitié de l’exploitation, son frère n’étant pas intéressé. Les cultures de maïs, de céréales, de betterave et de chicorée sont ici associées à l’élevage de blondes d’Aquitaine, une race bovine de grande taille. On est alors juste après la fameuse crise du lait et Adrien décide de diversifier les activités de la ferme en plantant 2,2 hectares de vignes en vue (et avec l’envie) de produire des vins effervescents.
Ingénieur industriel en agronomie formé à la Haute Ecole provinciale de Hainaut à Ath, Adrien a travaillé de 2015 à 2017 au Carah où il fut notamment responsable des avertissements pour la lutte contre le mildiou de la pomme de terre en Wallonie. A la reprise de la ferme, il maintient un temps partiel (4/10e) à la HEPH-Condorcet.
Avouant n’avoir jamais été convaincu par des bulles issues de variétés résistantes, il a finalement opté, tout comme le Garde Loup, pour le chardonnay et les trois pinots blanc, noir et auxerrois.
Il commence avec 2,2ha en 2019, ajoute deux autres hectares en 2022 et enfin deux de plus cette année.
Pour vinifier sa production, Adrien fait appel aux œnologues du groupe champenois Sofralab, et ses deux premiers crémants, Blanc de Blancs et Blanc de Noirs, issus de la récolte 2021, sont directement récompensés par une médaille d’or au Concours mondial de Bruxelles. En 2023, un second Blanc de blancs avec 18 mois de lattes vient compléter l’offre du Domaine Degavre qui semble fort bien lancé. Le Blanc de Blancs 2022 vient de sortir.
Depuis 1985, la famille Jolly a reprofilé les terres ancestrales à Vinalmont (Wanze) pour en faire un écosystème durable, relocalisant l’emploi et régénérant l’environnement. Au programme : cultures céréalières bio, développement du complexe touristique Naxhelet (golf, spa et horeca), élevage de moutons ardennais roux, boulangerie, houblonnière et vignoble… the sky is the limit, comme disent nos voisins anglais.
Le vignoble Terres du Val en janvier 2024
Durant plusieurs années, la famille Jolly a été unie dans un partenariat (non opérationnel) dans plusieurs vignobles du sud de la France avec la famille Parmentier. Souhaitant développer un vignoble en Belgique, la famille Jolly confie à la famille Parmentier le soin de réaliser une étude de faisabilité. Ce Belge qui habite dans le Luberon possède la société Vinolis qui accompagne les viticulteurs à la création ou à l’évolution de leur vignoble et développe dorénavant divers projets en Belgique, notamment le projet de la coopérative de Perwez).
Nicolas est en outre associé à Martina Widmer, diplômée de la Haute Ecole de viticulture et d’œnologie de Changins. Ensemble, avec Charles-Edouard Jolly, ils vont préparer en 2019 le projet du vignoble des Terres du Val qui sera véritablement lancé en 2020.
Après l’analyse des sols par Lydia et Claude Bourguignon, la décision a été prise de miser sur les vins rouges tranquilles et de planter 60% des surfaces avec des variétés rouges, gamay et pinot noir. En blanc, le duo belgo-suisse a proposé le chardonnay et le chasselas, très peu répandu chez nous. Les plantations se sont déroulées sur trois ans et sur 10 hectares, en fonction des stocks de pieds disponibles.
Entretemps séduite par les effervescents de certains confrères, la famille Jolly décide d’augmenter le vignoble de huit hectares supplémentaires destinés à l’élaboration de vins effervescents. Prévue en 2024, la plantation a toutefois été reportée à 2025, vu les conditions climatiques. Les premières bouteilles seront produites à partir de cette vendange-ci, elles trouveront naturellement place sur les tables du restaurant du complexe Naxhelet…
En 2016, Jean-Christophe Vander Elst, pharmacien de son état, décide de planter des vignes dans son village de Sirault (entité de Saint-Ghislain). Deux premières parcelles sont plantées, l’un derrière la superette du village et l’autre à l’arrière du restaurant le Funambule. Le projet intrigue, et certains voisins, dont le médecin Pat Brunin, décident de s’impliquer à leur tour.
Un vignoble très festif
Eux aussi font le choix des cépages interspécifiques, résistant mieux aux maladies. En blanc, les cépages souvignier gris, johanniter et muscaris ont été privilégiés, mais du pinotin et du cabernet cortis ont également été plantés, ce qui permet de produire aujourd’hui un remarquable rosé.
Pour passer à la vitesse supérieure, la coopérative « Le Vignoble de Sirault » est créée en 2018, officiellement par 11 coopérateurs fondateurs et ouvre son capital au public. De nouvelles parcelles sont plantées, certaines dans les jardins des membres de la coopérative. La structure a recruté au fil des ans plus de 220 coopérateurs, chacun investissant de 500 à 5000 €. Le vignoble se compose désormais de dix parcelles réparties dans le village (six grandes et quatre petites) pour un total de 14.900 pieds sur ±3,5 ha supervisés par un œnologue champenois. Environ 11 à 12.000 bouteilles ont été produites en 2022, un peu moins en 2023 – comme partout – et il faudra attendre encore quelques jours pour connaître le résultat de la campagne 2024.
Accueil du public lors de la marche gourmande
Les vins rencontrent un franc succès et le groupe des coopérateurs s’élargit pour atteindre 221 membres ! Parmi les récompenses récentes, relevons la Médaille d’or au Concours mondial de Bruxelles 2024 pour « Fine en Bulles » ainsi qu’un Coup de cœur Gault&Millau dans le guide des Vins belges ou encore la Médaille d’argent pour « A part » au Concours des Meilleurs vins belges de la VVS.
La vie du vignoble a également modifié celle du village, tant et si bien que, sous l’impulsion de Jean-Jules Frécourt, qui en est le président, la Confrérie du vignoble de Sirault a été créée, elle compte aujourd’hui une soixantaine de membres intronisés. Son rôle : assurer les bénévoles durant les travaux dans les vignes et autres activités, promouvoir le vignoble, son esprit et ses produits. Mais aussi organiser des événements : apéros le premier dimanche du mois, marche gourmande, banquet, chasse œufnologique, visite à d’autres vignobles et confréries, etc.