Domaine de Doriémont (Gochenée)

Ils sont peu nombreux en Belgique à être certifiés en biodynamie, mais le vignoble de Doriémont a souhaité se confronter à cette réalité, pas toujours simple chez nous. Certifié bio en 2021, puis en biodynamie depuis le 5 septembre 2023, le vignoble ne compte qu’un seul hectare mais il devrait être agrandi dans les prochaines années.

Le début de l’aventure remonte à 2017, lorsque Colienne Demain et Simon-Pierre Sclipteux acquièrent un terrain de cinq hectares à Gochenée, en province de Namur, pour y construire leur lieu de vie. Mais, avant de commencer la construction, le couple planta un hectare de vignes, Chardonnay et Pinot noir, ainsi qu’un verger.

Le vignoble est avant tout une idée de Simon-Pierre, métallo de profession, qui souhaitait « se ressourcer » après le travail. Son épouse Colienne, ingénieure civile, venait quant à elle de créer une start-up qui propose des lampes frontales alimentées par l’énergie de celui qui la porte.

Débutant tous deux dans la viticulture, Colienne suit en France la formation en biodynamie de Vincent Masson, suit aussi les cours de dégustation de Philippe Berger au CEFOR et échange sur les pratiques avec les responsables de La Falize et grâce à François Van Pachtenbeke (Oze le Vignoble) qui la conseille pour la vinifcation.

Les vignes étant toutes jeunes, une seule bouteille a été produite en 2021 (!), mais près de 250 la vendange suivante. En 2023, le résultat est plus important et a permis de produire un peu plus de 400 flacons de Chardonnay tranquille.

Les bouteilles ne devraient pas être difficiles à vendre, car le couple propose, sur une partie de leur terrain,  « La Tiny de Doriémont », une roulotte insolite de 21m2, avec lit king size et vue panoramique. « Imaginer, expliquent-ils, puis créer un havre de paix pour se ressourcer dans un cadre naturel était notre souhait le plus précieux. Grâce à l’aide d’un menuisier expérimenté, nous avons pu réaliser ce rêve, que nous partageons aujourd’hu, le temps d’un week-end ou davantage. » Décidément, l’œnotourisme se développe bien en Wallonie !

Infos : page Facebook pour le vignoble ou latinydedoriemont.be

Domaine de Biamont (BW)

Difficile de retracer le parcours de Christophe Vanhoutvinck, tant il a exercé de métiers, notamment dans l’Horeca et le plus souvent avec sa femme Laurence Dutilleux. Séduit par un séjour de pêche en Irlande, il transforme un vieux bistrot en pub irlandais à Jodoigne, l’un des premiers de Belgique.

Il voyage ensuite pendant dix ans avec son père en France et en Suisse pour faire de la formation en développement commercial dans les entreprises. Lorsque son père lui propose de reprendre les affaires, il refuse et décide d’explorer la voie de la restauration.

« En même temps, je faisais un petit peu marchand de biens et je suis tombé sur la maison dans laquelle on a fait le restaurant « Chez Louis » à Glimes il y a 17 ans d’ici. J’ai alors suivi des cours du soir pour être chef à l’IFAPME de Villers-le-Bouillet, mais si j’ai été quelques années en cuisine, je n’ai jamais été chef moi-même. En termes de rêve, si j’avais pu, j’aurais aimé naître dans une ferme, sur un tracteur. »

Il y a 5 ans, il emmène sa femme visiter des fermes viticoles et d’élevage de canards dans le Gers. A leur retour, les terres voisines des terres familiales étant en vente, le couple les rachète et Christophe entame alors une formation en chef d’entreprise viti-vini, mais à Perwez cette fois. Son travail de fin d’études porte sur la création d’un complexe oenotouristique…

« Nous avons alors planté en 2020 deux parcelles, une de 2000 pieds et une seconde de 3500 pieds, uniquement de Solaris. Je voulais un produit simple, pour être autonome par la suite sur la vinification. Avec l’aide de Thomas Heeren, notre maître de chai, nous avons décidé de produire un vin vif et frais, de Solaris, en y apportant les arômes plus gras de Chardonnay que j’achète sur grappes à la Ferme des Hêtres, et que nous pressons ici dans notre cuverie. »

Conscient que la rentabilité d’une vigne en Belgique est insuffisante pour vivre, le couple se lance dans un projet œnotouristique avec quatre logements dans des barriques géantes (26m² avec jacuzzi extérieur) ainsi qu’un chalet de 65m² pour 4 personnes avec deux chambres. A terme, le projet verra 3 cabanes supplémentaires de 2 personnes chacune avec jacuzzi privatif.

Les formalités urbanistiques ayant pris du temps, la vigne a pris le dessus dans le projet, mais pas pour longtemps, car l’ensemble du complexe sera inauguré en avril prochain.

« Afin de privilégier le circuit court, le premier millésime 2022 est vendu actuellement au Domaine (le mercredi de 16h à 18h) et au Restaurant-Ecailler « Chez Louis » (à déguster sur place ou à emporter). D’ici quelques mois, la production sera de 9000 bouteilles (contre 3800 actuellement) et montera à 15-20.000 bouteilles à terme. »

Infos : www.domainedebiamont.be/

Domaine de Longuesault :
la vigne à la ferme (Hainaut)

Situé au sud de Tournai, à Ere, le Domaine viticole de Longuesault (2,8ha) a été implanté en avril 2020 par Philippe Couplet et son épouse, Lara Safiannikoff. Il s’intègre harmonieusement aux activités agricoles de la famille, qui exploite depuis le siècle dernier plus d’une centaine d’hectares dédiés aux grandes cultures telles que le blé, la betterave et les pommes de terre, ainsi qu’à l’élevage.

En Wallonie picarde, le nom de Couplet est avant tout  lié à la sucrerie familiale « Couplet Sugars », leader mondial du sucre perlé depuis près de 175 ans et installée à Brunehaut. Les membres de cette famille aux multiples ramifications se sont distingués chacun à leur manière, que ce soit en politique ou dans les affaires.

Parmi ceux-ci, les parents et grands-parents de Philippe Couplet ont développé au siècle dernier des activités d’élevage et de grandes cultures dans une magnifique ferme située à Ere, à quelques kilomètres au sud de Tournai. En 2016, Philippe Couplet, son épouse Lara et leurs enfants, décident de quitter Bruxelles pour revenir sur les terres familiales et réaménagent une moitié du bâtiment inoccupée depuis le décès de la grand-mère.

Le vignoble s’étend sur trois parcelles, totalisant 2,8 hectares, et a débuté sa culture en mode biologique avec exclusivement des cépages résistants. Depuis septembre 2023, le vignoble est officiellement certifié biologique par Certisys.

« Pourquoi les cépages interspécifiques? », explique le couple, « nous aurions pu choisir les cépages classiques français, mais si c’est pour refaire la même chose que nos voisins, cela n’a pas d’intérêt. Nous voulions nous tourner vers des cépages adaptés à notre climat, qui nous permettent de produire des vins originaux en harmonie avec leur environnement. Produire en “bio” était très important pour nous, tant sur un point environnemental que qualitatif. »

Les cépages plantés comprennent le Regent, le Cabernet cortis et le Rondo pour les vins rouges, tandis que le Souvignier gris, le Johanniter et le Muscaris sont choisis pour les vins blancs.

La première récolte a eu lieu en 2022, et les deux premiers vins ont été commercialisés à l’automne dernier d’août 2023 : un vin blanc résultant de l’assemblage des trois variétés blanches, et un vin rouge excluant le Rondo, réservé actuellement pour les bulles rosées en cours de maturation. Le domaine cultive également un peu de Muscat bleu destiné à la table.

Infos : domainedelonguesault.be

Aux portes de Bruxelles :
le domaine du Krayenberg (Brabant)

Situé à deux pas de la frontière bruxelloise, le vignoble du Krayenberg représente un exemple remarquable des vignobles établis au cours des trois dernières années.

Sa taille favorise une gestion responsable en famille ou entre amis, tandis que le choix délibéré de variétés résistantes témoigne de l’engagement des propriétaires en faveur d’une viticulture respectueuse de l’environnement.

Le domaine s’étend sur six hectares, dont 1,5ha dédié aux vignes. Il abrite une ancienne ferme et d’immenses prairies autrefois occupées par les vaches et moutons des fermiers voisins.

Conseiller politique depuis vingt ans, Laurent Demarque choisit, après les élections de 2019, de réduire son temps de travail pour se consacrer à sa nouvelle passion de vigneron. Il se forme par correspondance en France et effectue des stages en Champagne, mais aussi en Brabant flamand, au Wijndomein Dappersveld notamment.

Parmi les variétés sélectionnées, on compte 1750 pieds de Souvignier gris, 1900 de Johanniter, 1200 de Bronner et 660 de Muscaris. Ces variétés promettent la production de vins tranquilles, en solo ou en assemblage, ainsi que des vins effervescents, représentant le créneau choisi pour les futurs vins du Krayenberg.

Après quelques bouteilles issues de la récolte de 2022, la production a permis de sortir 2500 litres de bulles en 2023, ainsi que 800 bouteilles de Muscaris et atteindra 10 à 15.000 bouteilles en rythme de croisière.

Elles sont vendues dans plusieurs bars à vins (Wine Fever, Wine Club) et restos des environs ou par Oeno Belgium, mais aussi aux promeneurs du dimanche qui profitent du charme de la région…

A noter que la Brasserie Surréaliste a réalisé une bière avec des raisins de Muscaris provenant du domaine.

Infos : www.krayenberg.be

Raphaël Wadeleux et son Clos de Lognay sur les coteaux de Bolland (Liège)

Technicien d’appareils de dialyse dans un centre hospitalier à Verviers et à Malmédy, Raphaël Wadeleux est aussi grand amateur de vin, il plante ses premières vignes en 2016 et s’en occupe après ses heures de travail…

Tout commence en réalité quelques années plus tôt, en 2008, lorsqu’il rencontre Philippe Grafé. Sur ses conseils, Il déguste des vins issus de diverses variétés, fait quelques tests « par-ci, par là » et finit par opter, huit ans plus tard, pour le Johanniter et le Solaris en blanc, et le Dornfelder (un cépage classique, celui-là).

L’acquisition d’un coteau pentu de 0,7ha à l’arrière de sa maison à Bolland donne enfin forme à son hobby. A l’époque, il est le premier à planter dans cette région, et aujourd’hui, on dénombre, outre la la coopérative Vin du Pays de Herve et ses voisins de Montzen, le domaine de la Bouhouille à Blégny, Les Sarments à Clermont, Vinadis à Dison ou bien sûr, Benoît Heggen à Warsage, mais lui, il est présent depuis 25 ans…

Les quatre premières années du Clos Lognay sont plus que difficiles : petite récolte en 2018 (il est encore trop tôt), gelées en 2019 et 2020, et météo « foireuse » en 2021 et à nouveau une petite récolte. A peine de quoi produire 300 bouteilles de Johanniter et de Rondo qui ne sont pas commercialisées. Un système d’aspersion permet aujourd’hui de passer outre ces problèmes de gelées.

La qualité du Dornfelder n’étant pas au rendez-vous, il l’arrache en 2022 et la remplace par du Divico (première cuvée en 2026) et ajoute un peu de Muscaris en blanc.

2022 marque la renaissance, avec la première bonne récolte, permettant de sortir 700 rouges et 700 blancs. L’année suivante, en 2023, « c’est finalement une bonne année », admet Raphaël, avec 1000 blancs et 700 rouges. La commercialisation peut donc « vraiment » démarrer avec des ventes à domicile, ainsi que dans l’une ou l’autre ferme ou restaurant à Blegny et à Herve.

Plusieurs cuvées portant le nom de membres de sa famille sont dorénavant proposées aux amateurs et élaborées à la mode bio, mais sans certification, avec de moins en moins de sulfites ajoutés au fil des années, mais on est encore loin du vin nature.

Ici aussi, l’oenotourisme va permettre de développer l’activité et augmenter les revenus : un gîte pour 15 personnes est en cours d’aménagement dans « le Château Lognay », une vaste demeure familiale un peu plus bas dans la rue. Elle  permettra des dégustations de vin et de produits locaux, ou du team building. A suivre…

Infos : page Facebook

Reportages et photos : Marc Vanel

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Les activités de nos membres en février-mars

Domaine de Longuesault (Ere)

Situé au sud de Tournai, à Ere, le Domaine viticole de Longuesault (2,8ha) a été implanté en avril 2020 par Philippe Couplet et son épouse, Lara Safiannikoff. Il s’intègre harmonieusement aux activités agricoles de la famille, qui exploite depuis le siècle dernier plus d’une centaine d’hectares dédiés aux grandes cultures telles que le blé, la betterave et les pommes de terre, ainsi qu’à l’élevage.

En Wallonie picarde, le nom de Couplet est avant tout  lié à la sucrerie familiale « Couplet Sugars », leader mondial du sucre perlé depuis près de 175 ans et installée à Brunehaut. Les membres de cette famille aux multiples ramifications se sont distingués chacun à leur manière, que ce soit en politique ou dans les affaires.

Parmi ceux-ci, les parents et grands-parents de Philippe Couplet ont développé au siècle dernier des activités d’élevage et de grandes cultures dans une magnifique ferme située à Ere, à quelques kilomètres au sud de Tournai. En 2016, Philippe Couplet, son épouse Lara et leurs enfants, décident de quitter Bruxelles pour revenir sur les terres familiales et réaménagent une moitié du bâtiment inoccupée depuis le décès de la grand-mère.

Le vignoble s’étend sur trois parcelles, totalisant 2,8 hectares, et a débuté sa culture en mode biologique avec exclusivement des cépages résistants. Depuis septembre 2023, le vignoble est officiellement certifié biologique par Certisys.

« Pourquoi les cépages interspécifiques? », explique le couple, « nous aurions pu choisir les cépages classiques français, mais si c’est pour refaire la même chose que nos voisins, cela n’a pas d’intérêt. Nous voulions nous tourner vers des cépages adaptés à notre climat, qui nous permettent de produire des vins originaux en harmonie avec leur environnement. Produire en “bio” était très important pour nous, tant sur un point environnemental que qualitatif. »

Les cépages plantés comprennent le Regent, le Cabernet cortis et le Rondo pour les vins rouges, tandis que le Souvignier gris, le Johanniter et le Muscaris sont choisis pour les vins blancs.

La première récolte a eu lieu en 2022, et les deux premiers vins ont été commercialisés à l’automne dernier d’août 2023 : un vin blanc résultant de l’assemblage des trois variétés blanches, et un vin rouge excluant le Rondo, réservé actuellement pour les bulles rosées en cours de maturation. Le domaine cultive également un peu de Muscat bleu destiné à la table.

Infos : domainedelonguesault.be

Le domaine du Krayenberg (Brabant)

Situé à deux pas de la frontière bruxelloise, le vignoble du Krayenberg représente un exemple remarquable des vignobles établis au cours des trois dernières années. Sa taille favorise une gestion responsable en famille ou entre amis, tandis que le choix délibéré de variétés résistantes témoigne de l’engagement des propriétaires en faveur d’une viticulture respectueuse de l’environnement.

Le domaine s’étend sur six hectares, dont 1,5ha dédié aux vignes. Il abrite une ancienne ferme et d’immenses prairies autrefois occupées par les vaches et moutons des fermiers voisins.

Conseiller politique depuis vingt ans, Laurent Demarque choisit, après les élections de 2019, de réduire son temps de travail pour se consacrer à sa nouvelle passion de vigneron. Il se forme par correspondance en France et effectue des stages en Champagne, mais aussi en Brabant flamand, au Wijndomein Dappersveld notamment.

Parmi les variétés sélectionnées, on compte 1750 pieds de Souvignier gris, 1900 de Johanniter, 1200 de Bronner et 660 de Muscaris. Ces variétés promettent la production de vins tranquilles, en solo ou en assemblage, ainsi que des vins effervescents, représentant le créneau choisi pour les futurs vins du Krayenberg.

Après quelques bouteilles issues de la récolte de 2022, la production a permis de sortir 2500 litres de bulles en 2023, ainsi que 800 bouteilles de Muscaris et atteindra 10 à 15.000 bouteilles en rythme de croisière.

Elles sont vendues dans plusieurs bars à vins (Wine Fever, Wine Club) et restos des environs ou par Oeno Belgium, mais aussi aux promeneurs du dimanche qui profitent du charme de la région…

A noter que la Brasserie Surréaliste a réalisé une bière avec des raisins de Muscaris provenant du domaine.

Infos : www.krayenberg.be

Clos Lognay (Bolland)

Technicien d’appareils de dialyse dans un centre hospitalier à Verviers et à Malmédy, Raphaël Wadeleux est aussi grand amateur de vin, il plante ses premières vignes en 2016 et s’en occupe après ses heures de travail…

Tout commence en réalité quelques années plus tôt, en 2008, lorsqu’il rencontre Philippe Grafé. Sur ses conseils, Il déguste des vins issus de diverses variétés, fait quelques tests « par-ci, par là » et finit par opter, huit ans plus tard, pour le Johanniter et le Solaris en blanc, et le Dornfelder (un cépage classique, celui-là).

L’acquisition d’un coteau pentu de 0,7ha à l’arrière de sa maison à Bolland donne enfin forme à son hobby. A l’époque, il est le premier à planter dans cette région, et aujourd’hui, on dénombre, outre la la coopérative Vin du Pays de Herve et ses voisins de Montzen, le domaine de la Bouhouille à Blégny, Les Sarments à Clermont, Vinadis à Dison ou bien sûr, Benoît Heggen à Warsage, mais lui, il est présent depuis 25 ans…

Les quatre premières années du Clos Lognay sont plus que difficiles : petite récolte en 2018 (il est encore trop tôt), gelées en 2019 et 2020, et météo « foireuse » en 2021 et à nouveau une petite récolte. A peine de quoi produire 300 bouteilles de Johanniter et de Rondo qui ne sont pas commercialisées. Un système d’aspersion permet aujourd’hui de passer outre ces problèmes de gelées.

La qualité du Dornfelder n’étant pas au rendez-vous, il l’arrache en 2022 et la remplace par du Divico (première cuvée en 2026) et ajoute un peu de Muscaris en blanc.

2022 marque la renaissance, avec la première bonne récolte, permettant de sortir 700 rouges et 700 blancs. L’année suivante, en 2023, « c’est finalement une bonne année », admet Raphaël, avec 1000 blancs et 700 rouges. La commercialisation peut donc « vraiment » démarrer avec des ventes à domicile, ainsi que dans l’une ou l’autre ferme ou restaurant à Blegny et à Herve.

Plusieurs cuvées portant le nom de membres de sa famille sont dorénavant proposées aux amateurs et élaborées à la mode bio, mais sans certification, avec de moins en moins de sulfites ajoutés au fil des années, mais on est encore loin du vin nature.

Ici aussi, l’oenotourisme va permettre de développer l’activité et augmenter les revenus : un gîte pour 15 personnes est en cours d’aménagement dans « le Château Lognay », une vaste demeure familiale un peu plus bas dans la rue. Elle  permettra des dégustations de vin et de produits locaux, ou du team building. A suivre…

Infos : page Facebook

Vignoble des Trois Rois (Hermée et Visé)

Incarnant la troisième génération d’une famille d’arboriculteurs (45ha de poiriers et 5 de pommiers), Samuel Deuse possède des terres juste à côté de certaines parcelles de Vin de Liège. Impressionné par le dynamisme de cette coopérative, il décide de se lancer lui aussi dans la viticulture en plantant à partir de 2021, 8.5 hectares de vignes à Hermée et à Visé (sur le lieu-dit des Trois Rois), le projet étant d’atteindre 12ha d’ici 2026.

Originalité du projet, Samuel a opté pour cinq variétés résistantes (Solaris, Muscaris, Cabernet cortis, Souvignier gris, Johanniter), mais auxquelles il a ajouté du Chardonnay.

Ne pouvant s’occuper à la fois des arbres fruitiers et des pieds de vignes, Samuel Deuse a confié le suivi de ses cultures et l’élaboration de ses vins aux conseillers du cabinet de Stéphane Derenoncourt qui se disent conquis par le projet. Les premières bouteilles sont sorties début 2023, et répondent aux espoirs du jeune vigneron.

Cinq cuvées sont actuellement en vente sur le site du domaine: quatre blancs (dont L’Aube, tout récemment) et un rosé. Des bulles de Johanniter et de Souvignier gris devraient être disponibles pour 2025. Quant au rouge, il sera élaboré à base de Cabernet cortis, mais il doit encore grandir un peu…

Enfin, grâce à un “crowdfunding en contrepartie”, Samuel et son épouse Marie ont recueilli l’an dernier les fonds nécessaires à l’aménagement d’un chai sur la parcelle de Hermée, permettant au domaine d’être désormais autonome.

Plus d’infos sur le site du vignoble : vignoble3rois.be

Domaine XXV – Vins des Cinq (Couthuin)

Pratiquant également l’œnotourisme : le domaine XXV ou Vins des Cinq est situé à Couthuin (Heron), entre Namur, Liège et Huy. Son nom étrange renvoie en fait aux cinq frères et sœur de la famille Grégoire (Dominique, Denis, Renaud, Damien et Jérôme) qui décident en 2017 d’acheter un terrain de 20 hectares, dont 15 de terres agricoles, au cœur du massif forestier de 100 hectares transmis par leurs parents.

A l’époque, la petite bande ne savait encore que faire de cet espace et ne se doutait pas que leur vie allait s’accélérer avec le développement d’un vignoble, mais l’idée arrive rapidement sur le tapis (végétal).

Après avoir fait effectuer des analyses de sols et pris des conseils en Belgique et en France, les Cinq optent pour les cépages de type Vitis vinifera et pour l’agriculture bio dès le départ. Ni désherbant chimique, ni pesticide ni aucun engrais chimique ne sont utilisés dans le vignoble : toute l’agriculture biologique, et rien que l’agriculture biologique.

La plantation des différentes variétés s’est faite en plusieurs phases depuis 2018 : Chardonnay, Pinot gris, Pinot meunier, Pinot noir et Müller-thurgau. La surface totale actuelle est de 8ha et déjà se dessine le projet de 1,5 ou 2ha de plus en 2026, en biodynamie cette fois, juste évolution des choses.

Souhaitant mettre toutes les chances de leur côté, les Grégoire ont fait appel aux conseils du  Cabinet français Derenoncourt Consultants qui conseille également le Vignoble des Trois Rois à Oupeye (voir ci-après).

Dominant la propriété, une ancienne fermette qui tombait en ruines a été transformée en un double gîte très moderne, de 3 et 5 chambres (4 et 8 lits), pouvant accueillir 4, 8 ou 12 personnes. Plusieurs sentiers de randonnées privées ont également été aménagés dans les bois environnants. Les itinéraires sont disponibles sous forme plastifiée dans les deux gîtes.

Enfin, une dizaine de panneaux didactiques ponctue la promenade et permet aux visiteurs de découvrir les richesses du lieu.

Réservations via xxvhouse.be ou les sites de locations touristiques en ligne.

Infos : www.xxv.be

Le Domaine des Hêtres (Rosoux)

Située à Rosoux en Hesbaye dans une ancienne distillerie, la Ferme des Hêtres a été rachetée par la famille Goffin dans les années 1960. Elle est à présent exploitée par les petits-enfants Alexandre et Nicolas, qui ont repris l’affaire en 2022, sous l’œil attentif de leurs parents Anne-Catherine et Jules-André.

Ici, on produit surtout des pommes, des poires, des cerises, des prunes, des noisettes et des asperges sur 110 hectares, mais aussi du vin. Les premiers essais de viticulture se font au début des années 2000 par Jules-André avec des cépages résistants (du Regent surtout), et le virage se fait en 2015, cinq ans après l’arrivée sur l’exploitation de Nicolas.

Celui-ci délaisse les premières variétés au profit des variétés classiques et aménage un premier chai en vue d’assurer toute la chaîne de production, y compris pour les mousseux.

Pour accompagner les asperges vertes de la ferme, l’équipe plante tout d’abord du Muscat, puis du Chardonnay et trois Pinots (blanc, gris et noir). La gamme propose désormais un Muscat sec, un Chardonnay et deux Pinots noirs élevés en cuves inox ou en fût de chêne, ainsi que trois vins mousseux élaborés selon la méthode traditionnelle : un Blanc de blancs, un Rosé et un Brut issu d’assemblage. Mais elles ne seront disponibles qu’à partir de juin 2024.

L’activité vitivinicole du Domaine des Hêtres se déploie sur cinq parcelles autour de la ferme, pour un total de 7,5 hectares de vignes. En 2023, la récolte se situait autour de 450hl dont 80% ont été  convertis en vins effervescents (Brut sans année, Blanc de Blancs, Blanc de Noirs). Cette production croissante a en outre nécessité la création d’un nouveau chai de 800m2  équipé d’une presse de 8.000kg où les grappes sont pressées entières et de gyropalettes.

Nicolas s’est associé avec un nouveau partenaire qui entrera prochainement en fonction et qui fournira des prestations à façon. A moyen terme, un gîte sera également aménagé cours d’aménagement et des circuits de promenades seront organisés.

Tous les vins et jus de raisin sont en vente directe sur place. Une boutique est également accessible le samedi de 9h à 12h, elle est ouverte tous les jours pendant la saison des asperges.

Infos : www.domainedeshetres.com

 

Le Clos de Mostombe (Landenne)

Passionné de Pinot noir et de Bourgogne, le notaire Michel d’Harveng a été piqué du virus de la viticulture en 2015, dans l’ancien vignoble de Georges Dallemagne, repris à l’époque par l’Horticole de Ohey à Coutisse. Bien décidé à planter lui-même, il racheta le matériel du sénateur et décida de convertir un terrain lui appartenant, boisé de sapins et loué pour la chasse.

Il entreprit donc d’en raser le coteau le mieux exposé (plein sud) pour planter des cépages interspécifiques : un hectare de Divico en 2018, un autre de Divona en 2019, et, enfin, un troisième hectare de Johanniter et d’Helios en 2021. Originalité : les deux vins rouges actuels du Clos de Mostombe sont vendus en bouteilles de 50 cl.

Benoît Exsteens qui fut pendant dix ans le fidèle second de Philippe Grafé au domaine du Chenoy, pilote ce développement et s’il est désormais indépendant dans l’entretien de vignobles, il est toujours présent.

Pour sa production, et dans l’espoir de développer un chai coopératif pour les vignobles d’Andenne, Michel d’Harveng racheta une ancienne scierie de 800 m2 en bord de Meuse à Thon-Samson qu’il entreprit de rénover.

Si la coopérative Vign’Andenne ne vit finalement pas le jour, « La Cuverie de Samson » quant à elle est désormais équipée d’une série de petites cuves de 2 à 50hl, permettant du mono-parcellaire ou du travail à façon. Sept à huit vignobles font appel régulièrement à ses services.

L’espace abrite également un petit laboratoire d’analyses œnologiques AOC Mosanes géré d’abord par Véronique Lidby, puis depuis mars 2023 par l’œnologue Benoît Roche. A terme, un espace de commercialisation des vins belges et une salle de dégustation sont également prévus, mais « je préfère d’abord consolider les acquis… J’aimerais également planter un quatrième hectare, déclare-t-il, mais c’est chronophage, ce n’est pas prioritaire… »

Infos : michel.dharveng@live.be, vignoble à Landenne, chai : 29 rue de Liège à 5300 Thon-Samson.

Le Vignoble de Sirault (Sirault) (Coopérative)

Accueil du public lors de la marche gourmande

En 2016, Jean-Christophe Vander Elst, pharmacien de son état, décide de planter des vignes dans son village de Sirault (entité de Saint-Ghislain). Deux premières parcelles sont plantées, l’un derrière la superette du village et l’autre à l’arrière du restaurant le Funambule. Le projet intrigue, et certains voisins, dont le médecin Pat Brunin, décident de s’impliquer à leur tour.

Eux aussi font le choix des cépages interspécifiques, résistant mieux aux maladies. En blanc, les cépages souvignier gris, johanniter et muscaris ont été privilégiés, mais du pinotin et du cabernet cortis ont également été plantés, ce qui permet de produire aujourd’hui un remarquable rosé.

Pour passer à la vitesse supérieure, la coopérative « Le Vignoble de Sirault » est créée en 2018, officiellement par 11 coopérateurs fondateurs et ouvre son capital au public. De nouvelles parcelles sont plantées, certaines dans les jardins des membres de la coopérative. La structure a recruté au fil des ans plus de 220 coopérateurs, chacun investissant de 500 à 5000 €. Le vignoble se compose désormais de dix parcelles réparties dans le village (six grandes et quatre petites) pour un total de 14.900 pieds sur ±3,5 ha supervisés par un œnologue champenois. Environ 11 à 12.000 bouteilles ont été produites en 2022, un peu moins en 2023 – comme partout – et il faudra attendre encore quelques jours pour connaître le résultat de la campagne 2024.

Un vignoble très festif

Les vins rencontrent un franc succès et le groupe des coopérateurs s’élargit pour atteindre 221 membres ! Parmi les récompenses récentes, relevons la Médaille d’or au Concours mondial de Bruxelles 2024 pour « Fine en Bulles » ainsi qu’un Coup de cœur Gault&Millau dans le guide des Vins belges ou encore la Médaille d’argent pour « A part » au Concours des Meilleurs vins belges de la VVS.

La vie du vignoble a également modifié celle du village, tant et si bien que, sous l’impulsion de Jean-Jules Frécourt, qui en est le président, la Confrérie du vignoble de Sirault a été créée, elle compte aujourd’hui une soixantaine de membres intronisés. Son rôle : assurer les bénévoles durant les travaux dans les vignes et autres activités, promouvoir le vignoble, son esprit et ses produits. Mais aussi organiser des événements : apéros le premier dimanche du mois,  marche gourmande, banquet, chasse œufnologique, visite à d’autres vignobles et confréries, etc.

[Infos : page Facebook]