Meilleur vin belge 2021 : tous en lice !

Organisée depuis 2005 par l’Association des Sommeliers flamands, la prochaine édition du Concours du Meilleur vin belge se tiendra à Bruges le 15 septembre prochain, avec le soutien de l’AVW.

Si le concours est ouvert à tout vigneron sur le territoire belge, ne peuvent y participer que les vins dont les raisins ont été récoltés dans notre pays et dont le processus de production s’y déroule entièrement également.

Le vin doit être tiré d’un lot de minimum 300 litres et à la date du concours au minimum 200 litres doivent encore être à vendre au domaine.

Pour les vins qui ne peuvent prétendre ni à une appellation d’origine protégée, ni à une indication géographique protégée, un rapport d’analyse d’un laboratoire accrédité doit être fourni en conformité avec les paramètres des AOP et IGP (le titre alcoométrique total et acquis, teneur totale en sucre (y compris le saccharose dans le cas des vins mousseux) et les acides, l’acidité volatile, la teneur totale en anhydride sulfureux et la pression manométrique en bars dans le cas des vins mousseux.

Le concours consiste bien sûr en une dégustation à l’aveugle par une soixantaine de juges et se tiendra le mercredi 15 septembre 2021 dans les locaux de l’Hotelschool Ter Groene Poorte à Bruges, comme à son habitude.

Les inscriptions sont ouvertes à partir du 1/8 et chaque candidat doit envoyer 4 bouteilles de chaque vin au restaurant Restaurant Casserole à Bruges entre le jeudi 2 et le mardi le 7 septembre 2021.

Plus d’infos sur meilleurvinbelge.be

 

Le Chant d’Eole dope ses capacités de production in « L’Echo »

Le Chant d’Éole dope ses capacités de production

 

Le vignoble de Quevy achève, ce week-end, la plantation de 10 hectares de nouvelles vignes. Dès octobre, les travaux d’extension concerneront le chai.

La phase 2 est enclenchée dans le plan du Chant d’Eole le vignoble hennuyer qui produit actuellement quelque 150.000 bouteilles de vin effervescent à quelques kilomètres de Mons. Depuis une dizaine de jours, les tracteurs et les machines s’activent sur une nouvelle parcelle en face des chais pour y planter 10ha de nouvelles vignes.

Cette nouvelle parcelle vient compléter les 20ha dédiés principalement au chardonnay, mais aussi en pinot noir pour les vins rosés. « L’expérience nous montre que le chardonnay se plaît bien sur nos terres et qu’il convient le mieux pour notre brut de même que pour la cuvée Prestige », note Hubert Ewbank, propriétaire avec son oncle du Chant d’Eole.

À ces trente hectares viendront encore s’ajouter 10 hectares supplémentaires en 2022. Les premières vendanges des nouvelles parcelles apporteront les premiers fruits en 2024, pour les premières bouteilles commercialisées à partir de 2026-27. « Avec ces nouvelles vignes, nous pourrons doubler l’offre actuelle », escompte Ewbank.

Reconnaissance des vins belges

Le vignoble produit actuellement 150.000 bouteilles, mais la demande dépasse assez largement ce volume. « Lorsque l’on a commencé en 2015, la réputation du vin belge était honorable, mais elle s’est considérablement améliorée depuis, comme la qualité. Beaucoup de vignobles sont montés en gamme, sont reconnus par les restaurateurs et le public. Et la demande augmente pour tout le monde. »

« C’est un investissement générationnel. Ce n’est ni moi ni mon oncle qui en récolteront les fruits mais nos descendants. »

HUBERT EWBANK
COPROPRIÉTAIRE DU CHANT D’EOLE

 

D’ici 6 à 7 ans, le domaine du Chant d’Eole pourra fournir plus de 300.000 bouteilles. Les plantations de cette année et de l’année prochaine représente un budget de près d’un million d’euros, achats des terres, plantations et installations « anti-gel » compris. « Lors des gelées d’avril dernier, nous n’avons eu que 10 à 15% de pertes de fruits grâce à nos tours qui brassent l’air. Les nouvelles parcelles sont plus basses et donc plus vulnérables. »

Cet investissement s’inscrit dans un plan de 11 millions à plus long terme et de grande envergure. « C’est un investissement générationnel. Ce n’est ni moi ni mon oncle qui en récolteront les fruits mais nos descendants », reconnaît Ewbank. « Mais la notoriété du métier et du domaine fait que les soutiens financiers existent, du côté de l’invest régionale IMBC ou des institutions bancaires. »

Surface triplée

Dès octobre 2021 et pour un an, le bâtiment principal du domaine qui abrite les salles de réception, les cuves de vinification et les caves sera totalement transformé pour être agrandi. La place accordée à la production du vin effervescent sera triplée avec une nouvelle cuverie et de nouvelles caves de vieillissementnotamment. Une cave de 1.000 m² sera creusée à 7 mètres de profondeur pour abriter près d’un million bouteilles. « C’est le volume tampon qu’il convient d’avoir pour une production annuelle de près de 300.000 bouteilles », calcule Ewbank.

Et, sachant qu’à l’horizon 2030 – si tout va bien – le domaine passera à la phase 3 de son extension avec une dizaine d’hectares supplémentaires, les travaux prochains anticipent déjà le surcroît attendu de production.

5.000
PERSONNES/MOIS
À partir de l’hiver 2022, le domaine du Chant d’Eole compte accueillir jusqu’à 5.000 personnes par mois.

 

En surface, les salles de réception seront également agrandies avec notamment une salle polyvalente de 10 m de haut capable d’accueillir de grandes réceptions jusqu’à 1.000 personnes, mais aussi des spectacles musicaux ou d’arts de la scène. « L’oenotourisme et l’organisation d’événements d’entreprises, privés ou culturels font clairement partie de notre modèle économique« , analyse encore Ewbank. « C’est ce qui assure notre cash flow en plus de la vente des vins. »

Après les travaux, soit à partir de l’hiver 2022, le domaine du Chant d’Eole compte accueillir jusqu’à 5.000 personnes par mois, lors de ces événements. « Fermer maintenant pour un an, alors que l’on commence seulement à pouvoir accueillir de nouveau du public, c’est un peu frustrant, mais ces travaux doivent évidemment se planifier à l’avance… », reconnaît Ewbank.

Restaurant éphémère cet été

Alors dans l’intervale, pour attirer un maximum de monde et raviver les liquidités, le Chant d’Eole ouvrira pendant tout l’été un restaurant éphémère. Un espace de toile offrant le confort d’une grande maison, mais situé au milieu des vignes, au pied d’une éolienne qui a donné son nom au domaine.

Dans ce restaurant de 100 couverts, le chef Philippe Schlosser, traiteur-restaurateur de la Ferme du Coq à Saint-Vaast proposera durant tout l’été ses menus midi et soir du mercredi au dimanche (autour de 40 euros le menu hors vins). « C’est une manière de faire revenir le public vers nous mais aussi vers tous les métiers de bouches« , assure Ewbank. La carte proposera essentiellement des produits belges en cuisine et la carte des vins et des bières s’appuiera essentiellement sur des appellations belges.

« On ne peut pas tricher avec la nature, ni avec le vin » in « L’Echo »

 

Mathieu Dumont de Chassart: « On ne peut pas tricher avec la nature, ni avec le vin »

©Tim Dirven
par

Un quatuor de trentenaires a repris le domaine de Mellemont, presque aussi âgé qu’eux. Qu’est-ce qui a poussé ces jeunes entrepreneurs à se lancer dans le vin en Belgique?

Ils étaient à peine nés, ces quatre trentenaires, lorsque Pierre Rion, Étienne Rigo et François Vercheval ont planté leurs premiers pieds de vigne, et se sont lancés dans ce pari un peu fou de produire du vin, en Belgique, dans les plaines du Brabant wallon, à un jet de pierre de Perwez. En 1993, la viticulture belge n’était pas encore ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Et il fallait être un peu barge pour se lancer dans une telle aventure.

Et sans doute, lorsqu’il s’est agi pour les trois pères fondateurs du domaine de passer la main, se sont-ils un peu reconnus dans ces quatre candidats, qui affichaient le même enthousiasme à la limite de l’insouciance. Passé le cap de la soixantaine, Rion, Rigo et Vercheval souhaitaient lever le pied et céder ce qu’ils avaient créé. « J’ai vu dans la presse que le domaine était à vendre. La viticulture, ça a toujours été un rêve pour moi, comme pour Antoine de Thibault. Cette opportunité, c’était pour nous! », se souvient Pierre-Alexandre Péters.

Sur un coup de tête

Sur un coup de tête, ils contactent les vendeurs. Pour étayer leur dossier, ils s’adjoignent deux de leurs amis, Marcus Humblet, fils du brasseur de la Bertinchamps et Mathieu Dumont de Chassart. Ces deux-là sont par ailleurs alliés par leurs épouses.

« Cette reconversion exige énormément d’humilité de notre part! Ça fait du bien de s’en rendre compte. »

MATHIEU DUMONT DE CHASSART

 

« Nous étions tous les quatre plutôt dans les services. Ce retour à la terre avait quelque chose de très concret, auquel s’ajoute la magie du vin« , précise Péters, dont les beaux-parents possèdent des vignes en Italie.

Rien ne prédestinait ces jeunes gens de bonnes familles à devenir viticulteurs, fût-ce à temps partiel. Pierre-Alexandre Péters était manager chez Deloitte, avant de démissionner pour se lancer dans une nouvelle aventure professionnelle. Mathieu Dumont de Chassart a fait l’essentiel de sa carrière dans un bureau d’études en santé publique, dans les pays en voie de développement. Marcus Humblet s’occupe des opérations commerciales au sein de la brasserie familiale. Et Antoine de Thibault est juriste-fiscaliste à la Banque Delen. Hormis Humblet, aucun n’avait de lien avec le monde de l’agroalimentaire, et a fortiori avec celui du vin.

Passion

« C’est vraiment une affaire de passion », affirme Dumont de Chassart. Une passion suffisante pour se lancer totalement dans l’aventure. À tel point que Mathieu Dumont de Chassart a quitté son boulot dans la coopération pour se consacrer au moins trois jours par semaine à la gestion opérationnelle du domaine, les trois autres venant lui prêter main-forte à raison d’un jour par semaine.

3,8
HECTARES
Le domaine compte 3,8 ha de vignes, soit 11.000 pieds de müller-thurgau essentiellement.

 

Mais une passion qui demande aussi des compétences réelles. « On ne s’improvise pas viticulteurs. Cela s’apprend sur le long terme », estime Dumont de Chassart, qui entame une formation IFApme, pour acquérir les bases du métier. « Le trio fondateur répète toujours qu’en trente ans, ils n’ont fait QUE trente récoltes. C’est beaucoup sur la durée, mais c’est relativement peu sur l’expérience. »

Question de se faire la main et de prendre ses marques, le quatuor pourra compter sur l’aide des « anciens » qui les accompagneront pendant un an ou deux. « Et nous pourrons aussi compter sur l’expérience d’autres vignobles belges. C’est un tout petit monde, où les échanges sont nombreux », note encore Dumont de Chassart.

20.000 bouteilles

« Ce retour à la terre avait quelque chose de très concret, auquel s’ajoute la magie du vin. »

PIERRE-ALEXANDRE PÉTERS

 

Dans sa configuration actuelle, le domaine de Mellemont compte 3,8 ha de vignes. De quoi produire 20.000 bouteilles dans une année normale, sauf accidents de parcours. En 2020, un champignon a détruit la moitié de la récolte, mais en 2018, les conditions exceptionnelles ont permis de produire 38.000 bouteilles. « C’est une activité qui dépend très largement de la nature, de la météo. Nous pouvons juste faire du mieux que l’on peut. On ne peut pas tricher avec la nature, ni avec le vin », reconnaît Péters. « Si on fait bien, la nature le rend, et la collaboration se passe bien. »

Mathieu Dumont de Chassart et Pierre-Alexandre Péters: « Il y a dans cette reconversion une humilité qui fait du bien. » ©Tim Dirven

 

La nature, parlons-en. Le vignoble a été bien protégé par son implantation brabançonne lors des fortes gelées de début avril, alors que d’autres viticulteurs ont dû batailler des nuits entières pour protéger les précieux bourgeons. Penchés sur un pied de vigne des Vergers, Mathieu Dumont de Chassart et Pierre-Alexandre Péters auscultent le développement de la plante, relativement tardif cette année. « On reste très petit face à la nature. Et cette reconversion exige énormément d’humilité de notre part! Ça fait du bien de s’en rendre compte », poursuit Dumont de Chassart.

Projets

« L’idée est de créer un petit écosystème autour de la vigne, avec un restaurant, des salles de réception et de l’œnotourisme. »

MATHIEU DUMONT DE CHASSART 

 

Toujours en phase d’apprentissage, donc, le quatuor a aussi des projets plein la tête. Faire évoluer le domaine vers la biodynamienotamment, plutôt en vogue, mais très exigeante. Accroître la surface, aussi, au rythme de 1 à 2 ha tous les deux ans, si les conditions le permettent, pour approcher les 8 à 10 ha cultivés. Et puis sans doute faudra-t-il envisager de moderniser et de déplacer les chais. « L’idée est de créer un petit écosystème autour de la vigne, avec un restaurant, des salles de réception et de l’œnotourisme. »

Commercialement également, les jeunes vignerons ont des idées: rationaliser sans doute la production qui compte aujourd’hui, trois mousseux, trois blancs, un rosé… Trouver de nouveaux canaux de distribution pour élargir sa zone de chalandise. « Il faut trouver le bon positionnement, dans une gamme de vins belges qui montent en qualité et en réputation. Il faut jouer le jeu de cette communauté, mais nous voulons rester accessibles! », affirme Péters.

LE VIN WALLON en effervescence, in « WAW » n° 52

Marc VANEL livre ici un dossier phare de 16 pages sur les vignobles wallons.

« Relancée par quelques amateurs dans la région de Huy dans les années 1970, la viticulture prend un nouvel envol en Wallonie au début des années 2000 avec la création quasi simultanée de Ruffus et du Domaine du Chenoy. Deux réussites qui vont inspirer une nouvelle génération de vignerons. Simple passe-temps ou enjeu économique à une époque où la consommation locale a toute son importance ? »

Le Magazine trimestriel WAW n° 52 -Printemps 2021
vous emmène à la découverte de quelque 30 vignerons passionnés aux quatre coins de la Wallonie.

Dossier_Vignobles.WAW 52

Gel dans le vignoble wallon

 

Plus de peur que de mal ces derniers jours dans les vignobles de Wallonie avec la vague de gel qui a touché les premiers bourgeons de l’année. Ruffus annonce quand même ce 12 avril avoir perdu 25 à 35% des bourgeons. Le point dans une quinzaine de propriétés.

 

En 2017, le Vignoble des Agaises avait perdu près de la moitié de la récolte à cause des gelées de l’année, 2021 pourrait malheureusement emboîter le pas.

« Le gel nous a touchés, explique Arnaud Leroy. Contrairement aux gelées printanières classiques, où il n’y pas de vent, nous avons été confrontés à une gelée hivernale, avec un vent froid, qui empêche les tours antigel d’être efficaces à 100%. Nous chiffrerons les pertes la semaine prochaine, mais on estime qu’entre 25 et 35% des bourgeons ont déjà été perdus lors des gelées de la semaine passée, et le froid s’abat de nouveau sur le domaine… Il a encore gelé cette nuit et on annonce encore plus froid ce soir… » Prudence donc.

 

Les tours anti-gel du Domaine du Chant d’Eole

 

Ses deux voisins, le Domaine du Chant d’Eole et le Domaine Mont des Anges, semblent toutefois avoir été épargnés.

« Les tours antigels ont fonctionné ces deux dernières nuits, confiait Hubert Ewbank à Quévy avant-hier, je pense que ce n’était pas nécessaire, mais on n’a pas voulu prendre de risque! »

Une peu plus loin, au Domaine Mont des Ages (Nouvelles et Havay), Vincent Debusscher est confiant: « Pas de dégâts pour l’instant. Nous avons mis des bougies dans les lignes de bas de coteaux pour créer un rideau de chaleur, installé 5 canons à chaleur Agrofrost sur 2 ha ainsi qu’une éolienne mobile sur 1.5ha. Nous veillons encore toute cette semaine. »

 

Pied touché lors des Saints de glace en mai 2020

 

La suite dans https://www.marcvanel.be/gel-2021-wallonie/