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Premières vendanges
pour dix vignobles wallons

Ils ont planté leur vignoble en 2018 et donc, même si la vigne est encore loin de son meilleur rendement, 2020 est l’occasion de récolter les premiers fruits d’un long et dur labeur et de réaliser les premiers vins pour faire ses armes. Présentation de dix membres de l’AVW qui sont dans ce cas de figure.

Marqué par la pandémie de Covid-19, le millésime 2020 l’a également été par un gel important à l’époque des “Saints de Glace” en mai dernier, une période qui a été suivie d’épisodes de sécheresse ou, plus récemment de pluies abondantes… Autant de circonstances qui peuvent affecter de jeunes vignes.

A Marche-les-Dames, par exemple, près de 40% des jeunes pieds de cépages résistants (sur un total de 1,25ha) du vignoble Terres de Crompechine n’ont pas résisté au gel et une partie devront être replantés.

Mais, comme le souligne Frédéric De Baere, le projet ne se limite pas au vignoble. “Ici, il est question d’un projet global comprenant également la plantation d’anciennes variétés de pommiers à hautes tiges de vergers pâturés par 60 moutons, l’installation de 30 ruches et de plantations notamment de tilleuls, de haies mellifères et à petits fruits. Le tout dans une zone à haute valeur biologique qui offre un remarquable cadre pour la balade pédestre.”

Le permis de la cidrerie a été obtenu, le projet avance donc bien de ce côté. Infos: www.crompechine.be

 

© Clos de Mostombe

Au Clos de Mostombe à Andenne, une bonne partie des pieds ont également gelés, ne permettant de presser que 150 litres de jus. “Nous nous sommes battus plusieurs nuits de suite, explique Benoît Exsteens, on a pu se rendre compte qu’il ne fallait pas grand chose pour anéantir toute une récolte.”

Le propriétaire du vignoble, Michel d’Harveng, espère inaugurer son chai à Thon-Samson en mai 2021 et le laboratoire AOC Vallée mosane (Analyses oenologiques et Conseils) qu’il a lancé avec la Société Royale Horticole et Viticole de Huy et l’oenologue Véronique Lidby a bien été inauguré en septembre. Nombreux sont ceux qui ont déjà pu bénéficier de ce service de proximité. Infos sur le labo: page Facebook.

 

Le Domaine de la Portelette à Lobbes

A Lobbes, le vignoble de la coopérative Domaine de la Portelette a lui aussi souffert des caprices de Dame Nature, surtout sur les plus jeunes vignes. Le vignoble a été planté en différentes phases sur les deux dernières années, les dégâts sont heureusement inégaux.

“Par respect pour la nature, nous n’avons pas déployé les grands moyens contre le gel, explique Sophie Dupont, responsable de la communication de la coopérative, mais il faudra y penser. Nos prochains défis sont liés à la vinification, nous devons choisir un lieu pour développer un chai, mais ce choix se fera en concertation avec nos 228 coopérateurs.

Pour l’instant, les moûts sont hébergés dans le chai de la Distillerie de Biercée et bénéficient des conseils du Français Gilles Lancelot (Champagne Lancelot-Pienne), mais il s’agit surtout d’un soutien amical. Les (petites) vendanges 2020 permettront de faire des essais de vinification en mono-cépages (Muscaris, Pinot gris et Johanniter), il n’est pas encore question d’assemblages. Notre première vraie récolte se fera sans doute en 2023 lorsque toutes nos parcelles seront prêtes.” Infos: domainedelaportelette.be

 

Vendanges à la pince à épiler au Blanc Caillou !

A la coopérative du Domaine du Blanc Caillou (1,5 ha), à Montigny-le-Tilleul, Marc Boddaert espère élaborer environ 500 litres de jus, majoritairement du Johanniter et du Solaris.

“Nous avons la chance d’être soutenus par les Calcaires de la Sambre, car sans eux, rien ne serait possible. Nous sommes sur un de leurs terrains constitué avec des sols de remblai, sur une pente qui était inexistante autrefois. Cette année, nous avons creusé un chai sous la roche sur 35m de long et 6 de large grâce à une équipe de Lyon spécialisée dans la réalisation de tunnels ferroviaires et routiers. C’était une première pour eux. Il aura une température constante de 13°C, ce qui est très bon pour le vin.

Nous avons opté pour une démarche quasiment biodynamique, précise le vigneron enthousiaste, c’est une aventure formidable mais elle demande beaucoup de travail. Et nous avons trié tous les raisins de la vendange à la pince à épiler, comme à Sauternes…” Infos: www.domainedublanccaillou.be

 

Domaine Mont des Anges à Nouvelles – © Antoine Melis

Dans le Hainaut également, à Nouvelles, le vignoble “Terres de craie” de Vincent De Busscher et Laurianne Lejour, a profité de cette première vraie vendange pour annoncer son nom définitif, le Domaine Mont des Anges (4,2 ha), qui sortira ses premières bouteilles de bulles en 2022!

Ici, Chardonnay, Pinot noir et Pinot meunier sont plantés sur 4.2 hectares, à l’alsacienne, c.à.d. tous les deux mètres, pour avoir une culture saine et laisser passer le tracteur vigneron. Une première vendange de 700 kilos a eu lieu en 2019 pour faire quelques tests. Celle de 2020, sauvée du gel par les canons à chaleur, permettra aux deux entrepreneurs de sortir la tête de l’eau et de produire environ 15.000 bouteilles.

En avril 2020, en plein confinement, une seconde parcelle de 1,44 ha a été plantée non loin de là, à Havay. L’ambition de ce tandem franco-belge est d’arriver à 15 hectares en 2022. Infos : montdesanges.be

Egalement dans le Hainaut, c’était la première vendange pour le Château de Moulbaix, non loin de Ath, trois hectares de Chardonnay au cœur d’une magnifique propriété de 62 hectares achetée par la famille Goovaert en 2016 et entretenus par Sammy Lasseel.

Le but est ici de produire un effervescent blanc 100% bio dont 10 à 15.000 bouteilles devraient sortir fin 2022, voire 2023. Infos: Page Facebook.

 

Les Coteaux des Avelines en 2019 – © Vanel

Si la satisfaction s’affiche sur le visage de Viviane Cleiren et de son beau-fils Arnaud Duchêne aux Coteaux des Avelines (1,3 ha)  à Sart-Dames-Aveline dans le Brabant wallon, ce dernier reconnaît aussi avoir “chaque année un peu plus de travail. La première année, nous avons soigné nos sols, la deuxième la taille et la troisième, les démarches administratives et bien sûr les pistes pour une future commercialisation.

Cela étant, nous avons nous aussi subi des pertes avec le gel, mais nous avons heureusement évité les problèmes de pourriture et nos raisins sont magnifiques. Les quantités sont encore faibles mais nous pouvons faire du sec et du moelleux. J’ai gardé 200 litres pour m’entraîner à faire un pet-nat (pétillant naturel).

Le défi a été de suivre la maturation. Vu les conditions météo, il était difficile d’estimer le taux de sucre, surtout que nos vignes ne sont pas encore en vitesse de croisière. Mais nous sommes très contents d’avoir sauvé la récolte que nous avons ramassée avec nos amis, ce fut un excellent moment.” Infos: coteauxdesavelines.be

Enfin, trois vignobles en province de Liège pour clôturer ces premières impressions.

Domaine Tour de Tilice – extrait de la page Facebook

Le domaine Tour de Tilice tout d’abord, à Fexhe-Slins au nord de Liège, est un projet mené par Simon Delforge qui a planté deux hectares en 2018 (Muscaris et Johanniter) et 3,5 en 2020 (Chardonnay et Pinot noir) sur d’anciennes parcelles de pommiers de ses parents.

“Le secteur de l’arboriculture s’essoufle depuis une dizaine d’années, explique-t-il, mon père et moi, nous cherchions une alternative. Nous souhaitons produire deux vins en méthode traditionnelle. Par rapport aux arbres fruitiers, cela demande encore plus de temps et de main-d’œuvre, il faut être prêt à intervenir à tout moment.

La résistance de certaines variétés de fruits baisse avec le temps, espérons que ce ne soit pas pareil avec la vigne. Nous venons d’acheter un tracteur et un interceps, et nous sommes certifiés bio par TUV-Nord Integra qui nous certifiait déjà pour les fruits.” Page Facebook.

 

Domaine XXV à Couthuin

A Héron, non loin d’Andenne, le domaine XXV (lisez Vins des Cinq) est un projet des 5 frères et sœur de la famille Grégoire. Quatre hectares de cépages classiques ont déjà été complétés par 3,5 nouveaux hectares en 2020, alors que la première bouteille n’est pas encore sortie de chai. Tout est mené en bio et la rénovation d’une ancienne fermette sur la propriété permet le développement d’un beau projet œnotouristique.

“Nous avons fait ces premières vendanges en famille, raconte Renaud Grégoire, ce fut une grosse émotion, un moment particulier dans un projet long et onéreux. Nous avons un peu plus de pertes dues au gel que ce que nous imaginions, mais la qualité est très bonne. Cette année, nous ne produirons donc pas de vins, et comme nous n’avons pas encore de chai, nous ferons nos tests chez Jean-François Baele au Ry d’Argent.” Infos: xxv.be.

Enfin, à une vingtaine de kilomètres de là, à Seraing-le-Château, Alain Dirick (Clos Bois Marie Hautes Vignes) a planté 1,6ha à titre personnel, mais pas pour faire du vin. Les raisins de Johanniter et de Chardonnay sont en effet revendus à Jean-François Baele. « Cette année, déplore le viticulteur, près de 60% du vignoble légèrement plus bas ont été complétement gelés. Mais les 40% restants sont d’une superbe qualité. Dans le futur, il n’est pas exclu que je prélève 10 à 20% pour me faire une cuvée. »

Marc Vanel

“L’actualité du vignoble
en OCTOBRE-NOVEMBRE”

Toutes les cinq ou six semaines, découvrez la vie des membres de l’Association des Vignerons de Wallonie  et leurs vignobles.

Barwal, les premiers fûts en chêne belge

Des médailles pour les vins wallons

La carte 2020 des membres AVW

Newsletter 2

CÉPAGES CLASSIQUES OU RÉSISTANTS:
LE CHOIX WALLON

A la veille des vendanges, nous avons voulu faire le point sur le vignoble wallon et sur les variétés choisies par nos vignerons. Les cépages résistants sont-ils plus répandus que les classiques? Ou est-ce l’inverse?

Depuis quelques années, l’Inspection économique du SPF Economie collecte et publie avec l’aide de l’Université d’Hasselt les données relatives à la superficie et à la production des vignobles belges.

Les derniers chiffres communiqués font état pour 2018 de 136 vignerons et de 384 hectares de vignes pour l’ensemble du pays, soit 36 hectares de plus qu’en 2017.

Pour établir ce bilan, le SPF Economie se base sur la déclaration de récolte de chaque vigneron qui permet de connaître, notamment, “la surface de plantation par cépage, les plantations prévues l’année suivante, la production initiale par cépage avec, pour autant qu’elle soit connue, une indication de la destination finale (mousseux ou non), et les quantités de vin, raisins ou moût de raisins achetées ailleurs” (extrait de la brochure 2018).

Chardonnay et Pinot noir au Domaine du Château de Bousval

Mais la situation sur le terrain wallon semble pourtant différente. En effet, selon des recherches effectuées par votre serviteur, on dénombre aujourd’hui en Wallonie:

  • 9 vignobles de plus de 10 ha, soit 140,90 ha
  • 10 vignobles entre 5 et 9,9 ha, soit 68,8 ha
  • 16 vignobles entre 2 et 4,9 ha, soit 48,7 ha
  • 12 vignobles entre 1 et 1,9 ha, soit 15,67 ha

La Wallonie compte donc 47 vignobles de plus d’un hectare, ce qui fait 274,07 hectares. A cela s’ajoutent 29 vignobles entre 0,2 et 0,99 ha et 72 vignobles de moins de 0,2 ha, ce qui donne un total de 148 vignobles et de 294 hectares !

Sur cette centaine de vignerons, une infime partie vendent leurs vins qui sont destinés à leur dégustation personnelle. Il s’agit avant tout de passionnés qui ont planté quelques pieds de vigne dans leur jardin ou sur un terrain leur appartenant.

La Flandre étant créditée par le SPF de 217.35 ha en 2018, on dépasserait donc les 500 hectares en Belgique! Une performance plus que remarquable qui témoigne de l’engouement actuel.

Pinot noir
Quels cépages?

Les variétés de vigne sont traditionnellement classées en “classiques” ou “nobles”, et “résistantes” (le terme “interspécifique” a tendance à être moins utilisé).

Les premières sont les plus connues du grand public car présentes dans le monde entier: tout amateur de vin connaît bien sûr le Chardonnay, les Pinots (noir, blanc, gris, meunier) et Müller-Thurgau principalement. Les vignerons wallons ont opté pour 16 variétés classiques différentes parmi lesquelles on retrouve aussi l’Acolon, le Riesling, le Muscat, le Gewürztraminer.

Les deux stars “classiques” sont sans conteste le Chardonnay planté dans 26 vignobles de plus d’un hectare, et le Pinot noir présent dans 22 vignobles. Inutile de chercher loin l’explication: ce sont les deux piliers des vins effervescents qui constituent près de 60% de la production wallonne.

Si l’on considère l’ensemble des vignobles du sud du pays (148 vignobles au lieu de 47), le Pinot noir  (et ses variétés) reprend la tête des cépages classiques, avec une présence dans 86 vignobles contre 68 pour le Chardonnay.

Enfin, les cépages classiques représentent 161,1 hectares en Wallonie, soit 58,7% des vignobles de plus d’un hectare et 54,7% de l’ensemble des parcelles.

Philippe Grafé, ardent défenseur des variétés résistantes, fier de son Regent.
Tout dépend du point de vue

En toute logique, à la lecture de ce qui précède, les cépages résistants aux maladies cryptogamiques, dont les particularités feront l’objet d’un prochain article, couvrent donc 113 hectares, soit 41,3% des surfaces.

Peu de vignerons cultivent aussi bien variétés classiques que résistantes, mais certains s’y essaient, comme par exemple le Domaine viticole du Chapitre ou le Domaine du Ry d’Argent.

Toutefois, si l’on déduit de ce calcul les 49 hectares de Chardonnay/Pinot noir et blanc du Vignoble des Agaises et du Domaine du Chant d’Eole, on arrive à un équilibre 50/50 entre les deux écoles…

Par contre, où la différence est frappante, c’est dans le choix des cépages.

En effet, sont plantées en Wallonie 16 variétés classiques et 36 résistantes! Les plus choisies parmi les vignobles de plus d’un hectare sont le Solaris (20 vignobles), le Johanniter (19) et le Souvignier gris (10), suivies du Muscaris, du Regent et du Pinotin.

Ces cépages résistants sont en fait surtout présents dans les vignobles de moins d’un hectare. Si l’on analyse la totalité des plantations, quelle que soit leur taille, le podium ne change pas : on trouve en effet 55 fois le Solaris, 41 fois le Johanniter et 30 fois le Regent.

Pieds de Solaris au Domaine du Chenoy
Défendre la spécificité wallonne?

Sur les 31 vignobles plantés avant 2003 et encore en exploitation, 28 ont opté pour les cépages classiques et ils ont tous moins d’un hectare. Ce n’est pas étonnant, puisque c’est la création du Domaine du Chenoy en 2003 qui ouvrit la voie aux cépages résistants que peu connaissaient.

Des propriétés comme le Château de Bioul, le Domaine du Ry d’Argent ou Vin de Liège en sont les dignes héritiers et ont prouvé à l’envi la qualité de ces cépages que d’aucuns aimeraient privilégier afin de développer une identité wallonne plutôt que d’imiter ce qui se fait à l’étranger.

Mais assiste-t-on à un recul des résistants ? Sur les 17 vignobles plantés en 2018, 11 viticulteurs ont fait le choix des résistants. Par contre, sur les 19 vignobles qui ont vu le jour en 2019 et 2020, les résistants ne sont présents que dans sept d’entre eux.

Est-ce le signe d’une véritable tendance ou simplement la conséquence d’un millésime 2018 extraordinaire qui a incité les candidats vignerons à sauter le pas ? Ou est-ce parce qu’il est plus facile de vendre un Chardonnay qu’un Johanniter? Comme toujours, la vérité est dans le verre…

Marc Vanel

“L’actualité du vignoble en SEPTEMBRE”

Toutes les cinq ou six semaines, découvrez la vie des membres de l’Association des Vignerons de Wallonie  et leurs vignobles.

Des vendanges 2020 sous le signe du corona

Un nouveau labo d’analyses oenologiques à Thon-Samson

Les vignerons wallons sur les réseaux sociaux

Encore quelques jours pour s’inscrire au Concours du Meilleur vin belge

Newsletter 1

Trois mois inédits pour la viticulture wallonne

Entre confinement, nuits de gel et plantations, le dernier trimestre ne fut pas de tout repos pour les vignerons en Wallonie, mais le bilan est finalement plutôt positif.

Dès l’annonce des mesures de confinement à la mi-mars et la fermeture des cafés, restaurants, traiteurs et cavistes qui a suivi, les ventes de vins ont été stoppées net, privant ainsi la quasi totalité des vignerons de rentrées financières et de visites de leurs clients. Et personne n’imaginait alors que cela allait durer si longtemps.

La fermeture conjointe des frontières entraîna elle aussi des difficultés supplémentaires. Elle empêcha l’arrivée de fournitures ou de matériel, mais aussi de prestataires étrangers, notamment pour le dégorgement des vins effervescents.

Dégorgement chez Ruffus

John Leroy le confirme pour Ruffus : “Tout notre calendrier a été bouleversé, mais le dégorgement a fini par se dérouler sereinement début mai. Depuis 15 ans, nous organisons en juin l’enlèvement des commandes au vignoble, nous avons dû le déplacer à juillet avec toutes les mesures sanitaires exigées. Je n’avais pas imaginé que pour une fois ce n’est pas par la météo que la nature nous impacterait.”

Au Domaine du Chant d’Eole, les bouteilles viennent seulement d’être dégorgées et seront disponibles en juillet chez les cavistes et en septembre au domaine sur réservation.

“Suite à l’annulation des dégorgements, explique Stéphanie Termolle, directrice financière, nous n’avions plus aucune bouteille disponible, mais comme tous nos événements (soirées D-stress, séminaires, réception de mariages,…) étaient forcément eux aussi annulés, nous avons récupéré ce stock de bouteilles que nous avons proposées en livraison. Et cela a très bien marché en fait. La prochaine question qui nous occupera est l’organisation des vendanges, car nous aimons faire participer les bénévoles, il y en avait 200 l’an dernier…”

Livraisons sur mesure

Plantations à au Vignoble du Château de Bousval

D’autres ont eux aussi organisé des livraisons, comme au domaine du Château de Bousval ou au Domaine de la Ferme du Chapitre où plusieurs producteurs locaux ont eu la bonne idée de se grouper et de proposer des colis.

Idem au Domaine du Ry d’Argent (Bovesse) où les ventes ont été regroupées à la ferme locale. “Evidemment moins de ventes signifie aussi moins de rentrées. Mais les emprunts sont toujours là, souligne Jean-François Baele, et il faut payer la main-d’œuvre, car il y a du boulot dans la vigne et en cuverie.”

A la coopérative Vin de Liège, le manque à gagner dû à l’arrêt des ventes, à l’annulation des Portes ouvertes ou des salons est très élevé, sans doute proche de 50.000€, évaluait récemment Alec Bol, administrateur-délégué. “Heureusement, les grossistes en produits bio ont continué de travailler normalement, ce fut précieux. Pour la main-d’œuvre, les coopérateurs qui viennent traditionnellement nous aider n’ont pas pu venir, tout comme les stagiaires de l’IFAPME. Pour le reste, notamment pour les bouteilles et les étiquettes, nous avions fait nos commandes à l’avance, cela n’a pas posé de problèmes.”

Enfin, comme le fait remarquer Christian Balduyck au Domaine de Glabais dont c’était la première année de vente, “la prospection vers certains restaurants est aussi à l’arrêt et tous nos contacts avec l’Awex ou la prospection à l’export sont restés au frigo.”

Ces fameux Saints de Glace

Nuits de veillée à la coopérative Vin du Pays de Herve

Triste record que celui enregistré entre le 10 et le 15 mai, à la période dite des Saints de Glace : la température nocturne est descendue jusqu’à -3,6°C ! Il faut remonter à 1987, et même à 1959, pour connaître pire situation.

Le gel peut être impitoyable

Les vignerons ont donc été nombreux à veiller toute la nuit, utilisant tous les moyens possibles pour contrer l’impact du gel : placement de bougies « stop gel », brûlage de paille pour faire un écran de fumée, éoliennes ou canons à chaleur, tout est question de moyens. Et conserver la distance sanitaire dans de pareilles circonstances ne fut pas simple. Si certains ont perdu une bonne partie de la prochaine récolte, la plupart ont malgré tout réussi à sauver les précieux pieds.

 

Silence, cela pousse!

Malgré tout cela, plus de 45 hectares ont été plantés pendant le confinement, même si parfois avec un peu de retard et avec des équipes restreintes.

Plantations au Bois de Loë à Aubel, photo Charles Piron

Les nouvelles plantations d’abord : 11,5ha à Annevoie, 3,5ha à Aubel pour le Bois de Loë, 2ha à Argenteuil (Lasne), 2ha à Modave et quelques autres plus petites parcelles de moins d’un hectare (Les Héros de la Vigne à Sombreffe, Tienne al’Gatte à Sautour ainsi qu’à Maredsous).

11,5 nouveaux hectares à Annevoie

D’autres vignobles ont décidé d’agrandir leurs cultures, parfois même avant d’avoir produit la première bouteille : +4ha au Domaine du Chenoy (cela n’était plus arrivé depuis 2003), +4,2ha à Havay pour le vignoble de Vincent De Busscher et Laurianne Lejour (le nom sera connu à la rentrée), +4ha au Domaine XXV à Couthuin (qui double ainsi sa surface), +3ha au Chant d’Eole (pour faire 19 !), +3 au Domaine du Château de Bousval, +2,2ha au Domaine de la Portelette à Lobbes et quelques parcelles éparses dont certaines ne sont sans doute pas encore connues, car trop récente.

Enfin, Ruffus a planté fin avril 1,5ha de Chardonnay, portant ainsi sa superficie à 30ha, c’est désormais le domaine le plus grand de Belgique, une belle manière de fêter ses 18 ans ! Rendez-vous en septembre pour les vendanges que chacun espère déconfinées…

MV

“L’actualité du vignoble en juillet”

Le vignoble wallon bouge… Retrouvez chaque mois quelques nouvelles en direct.

Se former à la viticulture …

Deux coopératives construisent leur chai …

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Premier vin bio au Chenoy …